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Présentation de l'industrie du nucléaire en France (suite)
(source : GIIN - Forum atomique français)

4 / L'industrie

Le succès de l'ambition française de se libérer de sa trop grande dépendance en matière d'énergie dépendait certes de la volonté politique, de l'esprit de décision, de l'acceptation par le public, mais ne pouvait aboutir sans l'existence d'une industrie riche en compétences, en talents d'organisation, capable de relever les défis majeurs que constitue la sûreté nucléaire et par conséquent, la qualité de réalisation.
La mise en service réussie de 40 tranches nucléaires en 8 ans, de 1980 à 1987, est éloquente à cet égard.
La deuxième partie de cet annuaire recense, selon différents modes de classement, les quelque 120 entreprises qui participent à l'effort d'équipement et de maintenance du parc nucléaire français et qui proposent également leurs savoir-faire et services sur le marché international.

Ce tissu industriel nucléaire s'est ordonné très tôt autour des deux secteurs clés que sont la réalisation des chaudières et le cycle du combustible, dont deux entreprises ont été les moteurs, respectivement FRAMATOME et COGEMA, qui continuent de jouer ce rôle.

Elles ont su agréger directement ou indirectement des petites, moyennes et grandes entreprises (dont certaines sont leaders mondiaux dans leur domaine) pour que des objectifs communs de qualité, de coûts et de délais soient respectés.

4-1 / Le fournisseur de chaudières nucléaires : FRAMATOME

L'essor national et international de l'entreprise

Les plus importants contrats nucléaires jamais conclus : la série des 900 et 1300 Mwe.

Créée en 1958, il y a 40 ans, la société FRAMATOME a obtenu en 1961 sa première commande pour la centrale nucléaire de Chooz, celle d'une chaudière nucléaire à eau pressurisée de 300 MWe, mettant en œuvre une licence Westinghouse. Dès l'origine, l'entreprise s'était orientée vers cette technique des réacteurs, choix dont la pertinence a été confirmée grâce à la commande par EDF, entre 1970 et 1973, de 6 chaudières de 900 MWe identiques, destinées aux centrales de Fessenheim et du Bugey.

L'entreprise a pris sa dimension industrielle actuelle, après le choc pétrolier de 1973, quand l'électricien français et FRAMATOME ont conclu les plus importants contrats jamais signés dans ce domaine pour la fourniture d'une série de 28 autres chaudières de 900 MWe. Dès 1988, ces 28 chaudières, plus les 6 précédentes, étaient en service. Cette série a été suivie de la série des 1300 MWe, comprenant 20 tranches, à partir de 1977 dont la dernière a été mise en service en 1993.

Les commandes incluaient chaque fois la fourniture des premières charges du combustible nucléaire.

Puis vint le modèle N4, basé sur une technologie devenue, depuis 1981, totalement propre à FRAMATOME. Les trois premières tranches ont été mises en service en 1997 et 98, sur les sites de Chooz et de Civaux ; une quatrième est prévue pour 1999.

Pendant cette phase du développement de l'industrie nucléaire en France, FRAMATOME a su s'appuyer sur, puis intégrer, certaines branches industrielles nécessaires à son développement, notamment dans l'industrie lourde, pour la fabrication des gros composants et celle du combustible nucléaire.

Par ailleurs, l'entreprise a mobilisé directement ou indirectement le réseau industriel français déjà existant dans tous les domaines qui n'étaient pas de sa compétence traditionnelle, le contrôle-commande du réacteur, par exemple.

Le premier réacteur rapide à taille industrielle

NOVATOME – filiale devenue une nouvelle direction opérationnelle – a conçu et fabriqué en coopération avec l'industrie italienne, le réacteur Superphénix de la centrale de Creys-Malville (1200 MWe), le premier réacteur à neutrons rapides de cette taille dans le monde, commandé par la compagnie européenne NERSA.

Un puissant développement international

Depuis 25 ans, FRAMATOME intervient en tout point du globe :

  • 11 chaudières ou îlots nucléaires réalisés ou en commande hors de France : en Afrique du Sud, en Belgique, en Chine et en Corée ;
  • des composants lourds pour des chaudières d'autres constructeurs : par exemple, la cuve du réacteur Sizewell B en Angleterre, des générateurs de vapeur de rechange ;
  • du combustible fourni pour des réacteurs à eau sous pression en Allemagne, Afrique du Sud, Belgique, Chine, Corée, Etats-Unis, Suède et Suisse ;
  • des prestations de services dans ces mêmes pays, auxquels s'ajoutent l'Arménie, l'Espagne, la Russie, la Slovaquie et la Slovénie.

Pour le développement de nouveaux réacteurs à eaux sous pression, FRAMATOME s'est associé à parité avec SIEMENS dans le cadre de leur filiale NPI (Nuclear Power International) ; ces deux groupes totalisent le quart de la puissance électronucléaire installée dans le monde.

NPI est le partenaire industriel des électriciens français et allemands pour le développement du réacteur EPR (European Pressurised Water Reactor).

Aujourd'hui, FRAMATOME : une référence mondiale dans ses métiers

FRAMATOME est :

  • Le concepteur-constructeur de chaudières nucléaires de 70 tranches en service ou en construction dans le monde, représentant une capacité globale de plus de 70 000 mégawatts, selon différentes formules : soit des ensembles clés en main (chaudière nucléaire, îlot nucléaire ou centrale complète), soit une fourniture basée sur une coopération technologique permettant au client de s'impliquer fortement, de manière à promouvoir une part de réalisation locale. FRAMATOME offre une gamme de modèles de réacteurs nucléaires à eau sous pression de 900 à 1450 MWe. Il peut prendre en charge toutes les étapes de la réalisation, de la conception à la construction et la mise en service, intervenant, simultanément ou non, comme maître d'œuvre ou comme fabricant et constructeur.
  • Le concepteur-constructeur d'équipements nucléaires : ses usines ont fabriqué plus de 600 gros composants tels que cuves de réacteurs, générateurs de vapeur, pressuriseurs et groupes motopompes primaires.
  • Le concepteur-constructeur de combustible nucléaire, avec 38% du marché mondial du combustible pour réacteurs à eau sous pression : 80 réacteurs dans le monde fonctionnent avec du combustible FRAMATOME/FRAGEMA (en collaboration avec COGEMA). Il est également le premier fournisseur mondial de combustible destiné aux réacteurs de recherche.

En plus de ces assemblages à base d'oxyde d'uranium naturel enrichi, FRAMATOME fournit des recharges à Uranium de Retraitement Enrichi (URE) et du combustible à Mélange d'OXydes d'uranium et de plutonium (MOX), permettant de recycler les matières fissiles non consommées.

A ces fournitures de combustible, s'ajoute une gamme complète de services associés : gestion du cœur, assistance au chargement-déchargement, inspection du combustible irradié, réparation de combustible endommagé.

FRAMATOME possède également :

  • Des services d'ingénierie et de maintenance aux centrales nucléaires
    , grâce à ses divisions et filiales situées en France et aux Etats-Unis. FRAMATOME offre des services à tous les stades de la vie des réacteurs, lors des arrêts pour rechargement, des arrêts décennaux ou d'opérations exceptionnelles :

Maintenance générale et diagnostic des composants lors des arrêts de tranche ;

Expertise, contrôles non destructifs et inspections en service ;

Réparations et opérations lourdes, comme les remplacements de générateurs de vapeur, fourniture de pièces de rechange ;

Planification et préparation de ces opérations, amélioration des méthodes et des outillages, visant à réduire les périodes d'indisponibilité des installations et à réduire les doses reçues par les intervenants ;

Amélioration des performances, de la sûreté et de la durée de vie des installations ; rénovations et mise à niveau, réduction des coûts d'exploitation ;

Formation des exploitants à la conduite et à la maintenance.

Ayant été également l'un des plus grands acteurs de la construction du réacteur surgénérateur Superphénix, FRAMATOME fournit le mêmes types de services aux exploitants de réacteurs à neutrons rapides.

Une capacité industrielle à la hauteur de son engagement mondial

La capacité créée initialement en France a été complétée par :

  • un pôle industriel aux Etats-Unis, pour les services aux exploitants et la fabrication du combustible,
  • des partenariats dans différents pays qui s'équipent en électronucléaire ; le plus important d'entre eux est celui commencé avec les industriels de la province chinoise de Sichuan, destiné à permettre à la Chine de monter une véritable industrie nationale pour répondre à ses besoins en énergie.
  • Plus de 10 000 spécialistes du nucléaire exercent leurs métiers au sein de FRAMATOME. Ils couvrent toute la gamme des réalisations : de la conception jusqu'aux services aux exploitants, en passant par les fabrications et les chantiers.

La sûreté : point de convergence des actions d'assurance de la qualité

La sûreté de ses réacteurs est pour FRAMATOME une priorité permanente. Pionnier de l'assurance de la qualité, FRAMATOME l'a totalement intégrée dans sa structure d'entreprise et l'a organisée et contrôlée chez ses sous-traitants.

La savoir-faire accumulé grâce à la standardisation du programme français a donné naissance aux Règles de Conception et de Construction (les RCC) établies en concertation avec l'exploitant EDF et les autres acteurs du nucléaire français. Ces documents constituent la référence en assurance de la qualité pour les activités nucléaires de FRAMATOME.

4.2 / L'industriel du cycle du combustible : COGEMA

COGEMA est un Groupe industriel relevant du secteur public concurrentiel, spécialisé dans les produits et services liés au cycle du combustible nucléaire.

Lors de sa création, il y a 20 ans, l'objectif qui lui avait été assigné était double : être en mesure de satisfaire les besoins nationaux EDF et CEA et prendre une position forte sur les marchés internationaux de l'électronucléaire. Depuis lors, de l'exploitation minière au retraitement-recyclage des combustibles usés, en passant par les activités de service, le Groupe COGEMA est devenu le premier Groupe mondial du cycle du combustible avec des parts de marché comprises entre 20 et 80% selon les secteurs.

Le Groupe COGEMA emploie près de 19 000 collaborateurs en France et à l'étranger et réalise un chiffre d'affaires de 33 milliards de Francs dont 39% à l'exportation (1997).

Activités minières

Les activités minières concernent l'uranium, c'est-à-dire la recherche de nouveaux gisements, l'extraction et le traitement du minerai ainsi que le réaménagement des sites miniers et industriel après exploitation.

COGEMA, l'un des tous premiers mineurs d'uranium du monde, a produit 7 000 tonnes d'uranium en 1997, soit environ 20% de la production mondiale. Le Groupe possède des réserves dans pays différents (France, Gabon, Niger, Canada, Etats-Unis, Australie) et poursuit un effort constant de prospection afin de conserver un portefeuille diversifié de réserves.

Son outil de production minier est optimiser afin de tirer parti des meilleurs gisements, en particulier des gisements canadiens qui procureront à COGEMA plus de la moitié de sa production après l'an 2000. Simultanément, COGEMA remet en l'état d'origine, après leur fermeture, des sites épuisés ou les moins compétitifs en France.

Un contrat à long terme de fourniture de concentrés d'uranium a été signé avec EDF et plusieurs contrats pluriannuels de fourniture d'uranium ont été conclu avec 13 compagnies d'électricité étrangères. L'accroissement des ventes à l'exportation, grâce à l'exploitation de ressources minières compétitives est un objectif prioritaire.

Chimie de l'uranium et enrichissement

La production d'énergie nucléaire en réacteur nécessite de convertir puis d'enrichir l'uranium naturel. La conversion est réalisée par une société du Groupe, COMURHEX, et dans le domaine de l'enrichissement, COGEMA intervient au travers de sa filiale EURODIF, qui exploite l'usine Georges BESSE, située à Pierrelatte, et utilisant le procédé de diffusion gazeuse.

Dans un contexte marqué par des surcapacités et une forte concurrence, COGEMA détient des positions commerciales enviables en Asie et aux Etats-Unis.

COGEMA a engagé les efforts de R & D nécessaires pour disposer à l'horizon 2010 de la technologie qui prendra, le moment venu, le relais de la diffusion gazeuse. Avec le CEA, COGEMA étudie le procédé d'enrichissement par laser d'uranium sous forme atomique (SILVA).

Fabrication de combustibles

Cette activité consiste à fabriquer et à livrer aux réacteurs nucléaires des assemblages combustibles à base soit d'oxyde d'uranium (combustibles à uranium), soit des Mélanges d'OXydes d'uranium et de plutonium (combustibles MOX).

La fabrication des combustibles touche à la fois à l'industrie du cycle du combustible et à la conception de la chaudière nucléaire. Cette activité fait l'objet d'une étroite collaboration entre COGEMA et FRAMATOME et de leurs filiales communes spécialisées dans ce domaine. Un ensemble industriel cohérent et efficace a été constitué, assurant 38% du marché des combustibles pour réacteurs à eau pressurisée.

Retraitement et recyclage

Le retraitement des combustibles usés consiste à trier les matières qu'ils contiennent afin de séparer celles qui sont recyclables (uranium et plutonium) et de réduire au minimum le volume des déchets ultimes, conditionnés en vue de leur stockage définitif. Pour effectuer le recyclage, les matières utiles récupérées sont conditionnées et reprises dans des usines de fabrication de combustibles spécialisées.

Le dispositif industriel de COGEMA dans ce domaine est constitué : de l'usine de retraitement de La Hague qui a atteint sa capacité nominale de 1600 tonnes/an en 1996 ; d'installations permettant la transformation et le recyclage de l'uranium ; des usines de fabrication de combustibles MOX à Cadarache et à Marcoule (MELOX), dont les capacités constituent un ensemble cohérent avec les capacités de retraitement, permettant d'offrir un service intégré de la gestion de la fin du cycle.

Le conditionnement des déchets à vie longue, la réduction des volumes et la diminution de leur impact sur l'environnement constituent désormais des enjeux essentiels et COGEMA y consacre, en collaboration avec le CEA, une part importante de son effort de recherche.

En France, il s'agit de répondre à la demande d'EDF de retraiter les combustibles usés déchargés du parc, et de recycler le plutonium sous forme de combustible MOX. En 1998, 16 réacteurs d'EDF sont chargés en MOX, alors qu'ils n'étaient que 9 à fin 1996. Ce nombre peut être porté progressivement à 28, au fur et à mesure de la montée en puissance du recyclage.

A l'exportation, il s'agit d'accroître les parts de marché dans les principaux pays qui utilisent des combustibles MOX : l'Allemagne (une dizaine de réacteurs actuellement autorisés), la Belgique (2 réacteurs), la Suisse (3 réacteurs) et le Japon qui démarre son programme de recyclage.

Transport de matières nucléaires

TRANSNUCLEAIRE, filiale de COGEMA, spécialisée dans le domaine des transports de matières nucléaires, intervient en soutien des différents programmes de COGEMA (UF6 naturel et enrichi, combustible neuf à base d'uranium enrichi ou de plutonium, combustibles usés, déchets radioactifs de toutes natures …).

TRANSNUCLEAIRE intervient aussi pour ses clients propres, en particulier à l'exportation, dans la fourniture d'emballages d'entreposages pour combustibles usés ou déchets auprès d'électriciens belges, suisses, allemands ou américains par exemple.

Organisateur de transport (commissionnaire), TRANSNUCLEAIRE est également concepteur d'emballages de tous modèles et, à travers ses différentes filiales, opérateur de transport.

Ingénierie et services à l'industrie

Les activités d'ingénierie et de services à l'industrie du Groupe COGEMA concernent essentiellement SGN et ses filiales qui ont eu, à l'origine, la charge de la conception, de la construction et du démarrage des installations d'enrichissement, de fabrication de combustibles et de retraitement.

Aujourd'hui, SGN intervient en particulier dans la gestion des déchets et combustibles usés, dans la décontamination des sites et le démantèlement.

SGN offre, aussi bien en France qu'à l'international, des prestations d'études, de maîtrise d'œuvre et de réalisations clés en main d'installation. A titre d'exemple, on peut citer deux contrats remportés en 1996, l'un pour la gestion et l'assainissement du site militaire américain de Hanford, l'autre portant sur la caractérisation et la stabilisation d'une partie des déchets radioactifs stockés sur site.

5 /. La recherche et le développement, la formation : le CEA

Le Commissariat à l'Energie Atomique ( CEA)

Créé par ordonnance du 18 octobre 1945, le Commissariat à l'Energie Atomique, établissement public à caractère scientifique, technique et industriel, a reçu pour mission de développer des applications de l'énergie nucléaire dans les domaines de la science, de l'industrie et de la défense.

C'est ainsi que d'importants programmes ont été développés notamment pour l'électronucléaire et la recherche fondamentale, avec la mission complémentaire de valoriser et de transférer, vers tous les secteurs de l'industrie, les savoir-faire acquis et les technologies développées par l'établissement.

Les missions du CEA

Le contrat d'objectifs signé avec l'Etat en 1995 précise comme suit la mission civile du CEA :

1 – Cette mission s'articule en premier lieu autour de la recherche ayant le nucléaire comme finalité : donner à la France la maîtrise de l'atome dans les secteurs de la recherche, de la santé, de l'environnement, de l'énergie, de l'industrie et de la sûreté, à la fois pour le court, le moyen et le long terme.

Dans le secteur énergétique, l'enjeu est de garantir la sécurité de l'approvisionnement de la France, pays pauvre en ressources énergétiques naturelles, avec le double souci de l'indépendance nationale et de la compétitivité économique, notamment du coût de production du kWh.

Dans le secteur industriel, les marchés du nucléaire de demain reviendront à ceux qui auront su poursuivre un effort de recherche suffisant. Etant donné le coût et la durée des recherches innovatrices à long terme, le secteur industriel ne peut prendre en charge tout l'effort financier, et le soutien de l'Etat est nécessaire. Par ailleurs, les problèmes propres au nucléaire, de la protection des personnes, de la sûreté, de la non-prolifération et de la gestion du cycle (en particulier des déchets), justifient que cet effort de recherche soit confié au CEA.

Dans le secteur de l'environnement, les enjeux portent sur la gestion des déchets radioactifs, mais aussi sur l'effet de serre et les autres formes de pollutions (SO2, NOx, etc.).

Les enjeux de la maîtrise de l'atome concernent également la santé avec notamment les apports au diagnostic et à la thérapeutique et l'effet des rayonnements sur l'homme, et la recherche scientifique avec les sources et les détecteurs de particules et de rayonnements.

2 – Le CEA poursuit les recherches dans les domaines scientifiques et techniques fortement connexes à ceux de ses missions nucléaires principales, tels que les matériaux, la radiobiologie, l'environnement, l'utilisation médicale ou industrielle des marqueurs. Plus généralement, sont concernés les domaines pour lesquels l'appartenance au CEA, la multidisciplinarité des équipes et la spécificité de ses moyens expérimentaux constituent des atouts permettant d'améliorer la performance de la recherche nationale (optronique, micro-électronique et micro-technologies).

Le CEA développe une stratégie nationale de diffusion technologique vers les petites et moyennes entreprises.

Organisation et moyens

Le CEA comprend, outre les structures de direction générale, sept directions opérationnelles, responsables des programmes scientifiques et techniques qui sont le reflet de ses missions : direction des sciences de la matière, des sciences du vivant, des réacteurs nucléaires, du cycle du combustible, des technologies avancées, de l'information scientifique et technique, des applications militaires. Il faut leur ajouter l'institut de protection et de sûreté nucléaire et l'institut national des sciences et techniques nucléaires.

Leurs activités sont réparties sur 11 sites.

Un budget de 11 milliards de francs a été consacré en 1996 au secteur civil, dont les ressources publiques représentent 59%. Le solde était assuré par des recettes externes provenant des actions menées avec les partenaires de l'industrie nucléaire (FRAMATOME, EDF, COGEMA, ANDRA) et des autres formes de collaborations nationales et internationales.

Les six directions à vocation civile et les instituts ont engagé ensemble un effectif de 8 790 personnes en 1996.

Objectifs et travaux directement réalisés pour le programme électronucléaire

Dans le domaine des réacteurs nucléaires, deux axes principaux d'études doivent être distingués :

  • Le premier axe stratégique concerne le parc des réacteurs à eau sous pression actuel et son remplacement à l'horizon 2010. Les grands objectifs sont l'augmentation de la durée de vie, le maintien de la compétitivité par rapport aux autres moyens de production d'énergie électrique et la poursuite de la démarche d'amélioration de la sûreté.
  • Le second axe stratégique a pour objectif de maintenir l'option nucléaire ouverte au delà de la prochaine génération de réacteurs.

Les programmes d'innovation visent à faire émerger de nouvelles solutions techniques et de nouveaux concepts pour les réacteurs, le combustible et le cycle. Après l'arrêt de Superphénix, les recherches sur les réacteurs à neutrons rapides se recentrent, avec un renforcement des collaborations internationales, sur le retour d'expérience des réacteurs en exploitation, sur certains compléments d'études fondamentaux pour les réacteurs refroidis au sodium et sur l'évaluation d'options technologiques nouvelles pour ce type de réacteur.

Les activités du cycle du combustible concernent le R & D pour l'enrichissement de l'uranium, le retraitement et le recyclage des combustibles et la gestion des déchets radioactifs. Le développement de ces programmes s'accompagne de la mise en place d'importants investissements.

Pour l'amont du cycle, le CEA développe avec COGEMA, le procédé de Séparation Isotopique par Laser en Vapeur Atomique d'uranium (SILVA).

Les recherches dans l'aval du cycle qui constituent un enjeu majeur pour l'avenir de l'électronucléaire et de son acceptation par le public, sont axées :

  • sur le soutien industriel pour le retraitement et le recyclage des matières énergétiques avec comme objectif d'obtenir sur les combustibles de demain – à hauts taux de combustion/HTC ou MOX – les mêmes performances que pour les combustibles à uranium ;
  • sur les recherches de solutions acceptables pour la gestion à long terme des déchets radioactifs, suivant trois axes définis par la loi du 31.12.1991.

En matière de protection et de sûreté nucléaire, les efforts de recherche et d'expertise seront centrés sur la sûreté des installations (réacteurs, usines, laboratoires), des transports et des déchets, sur la protection de l'environnement et sur la protection de la santé de l'homme.

Le premier point concerne la sûreté des réacteurs existants et futurs (projet EPR), ainsi que celle des installations de recherche et de retraitement.

Dans le domaine de la protection de l'environnement, les efforts de recherche portent sur la radioécologie terrestre et marine, qui nécessite la modélisation des mécanismes de transfert des radioéléments dans la biosphère.

Concernant la protection sanitaire, les thèmes de recherche prioritairement abordés sont la contamination interne par inhalation de plutonium ou d'uranium, la radioprotection opérationnelle ainsi que le diagnostic et la thérapeutique en cas d'irradiation à doses fortes, et la méthodologie des études épidémiologiques et d'impact dosimétrique au voisinage de sites nucléaires.

Le CEA participe activement à la formation, grâce à son Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires (INSTN), avec une forte implication de ses Directions Opérationnelles. C'est un enjeu essentiel, qu'il s'agisse d'enseignement supérieur en formation initiale, de formation par la recherche ou de formation continue (noter également, à cet égard, le soutien apporté à l'enseignement dispensé par le Conservatoire National des Arts et Métiers).

La formation professionnelle répond à des besoins d'entreprises extérieures, dont EDF, COGEMA et FRAMATOME qui représentent les trois quarts des participants aux sessions d'études.

Sur le plan international, des cycles de formation sont organisés depuis longtemps en collaboration avec l'Agence Internationale de l'Energie Atomique. Par ailleurs, nombreux sont les étudiants étrangers qui viennent au CEA faire une thèse ou suivre des cours à titre individuel.

6 / Les groupements associatifs

Plusieurs organisations se partagent des activités associatives, deux d'entre elles concernent des objectifs industriels, ce sont les FAF (Forum Atomique Français) et le GIIN (Groupe Intersyndical de l'Industrie Nucléaire), et deux autres concernent des sociétés savantes, ce sont la SFEN (Société Française d'Energie Nucléaire) et la SFRP (Société Française de RadioProtection).

Le Forum Atomique Français (FAF)

Le FAF est une association qui a pour but de rassembler toutes personnes morales s'intéressant aux problèmes scientifiques et techniques dans le domaine nucléaire et de créer un lien entre les participants en vue de dégager une attitude commune entre les parties intéressées au développement de l'industrie nucléaire.

Le FAF regroupe actuellement 12 organisations adhérentes : EDF, CEA, COGEMA, FRAMATOME, THERMATOME, SCHNEIDER, MGP Instruments, SGN, CEGELEC et TRANSNUCLEAIRE, ainsi que le GIIN et le SFEN. Il assure la promotion de l'industrie nucléaire en France par des éditions, des expositions et des séminaires. Il est le membre français de FORATOM (la fédération des foras nucléaires européens). FORATOM est basé à Bruxelles et assure une présence active auprès des services de la Commission et du Parlement Européen.

Le Groupe Intersyndical de l'Industrie Nucléaire (GIIN)

Le GIIN fut créé en 1958 par les Fédérations des Syndicats professionnels intéressées, dans le but de regrouper des entreprises de différents horizons et établir un lien spécial entre elles concernant toutes les questions touchant particulièrement l'énergie nucléaire, de les représenter auprès des autorités, des administrations, des établissements publics et privés et pour les mettre en valeur, ainsi que leurs produits et services auprès de leurs clients nationaux et étrangers.

Le GIIN rassemble près de 200 entreprises adhérentes intervenant sur le marché nucléaire dans les secteurs de l'ingénierie, de la conception, de la fabrication, de la construction, et aussi dans la maintenance, la remise à niveau et particulièrement dans les domaines de la santé, de l'instrumentation, de la robotique, du contrôle, du suivi, de la sûreté et de la formation.

Il a mis en place le CEFRI (Comité Français de certification des entreprises pour la formation et le suivi du personnel travaillant sous Rayonnements Ionisants), ainsi que le Carnet d'Accès pour ce même personnel. Le GIIN, en liaison étroite avec les exploitants EDF, CEA, COGEMA, a défini un système informatique national de suivi de la dosimétrie opérationnelle des 30 000 travailleurs extérieurs intervenant sur les sites nucléaires à la demande des exploitants. Ce système, appelé DOSIMO, permet le suivi dosimétrique des travailleurs souvent intérimaires et itinérants. Pour l'exploitation de ce système, un protocole a été signé avec l'OPRI, qui doit en assurer la gestion.

Le GIIN assure la représentation de l'industrie nucléaire française plus particulièrement avec le Forum Atomique Français et l'Union des Industries de la Communauté Européenne.

La Société Française d'Energie Nucléaire (SFEN)

La SFEN, fondée en 1973, est une association, société de personnes physiques, sans but lucratif. Avec ses 5 000 membres, elle s'est fixé une double vocation :

Une vocation scientifique : comme société savante, le SFEN a pour but de favoriser l'avancement des sciences et techniques nucléaires et des sciences et techniques connexes en offrant à tous les spécialistes concernés un cadre et des structures favorables à l'échange d'informations et à la confrontation des points de vue. 12 sections techniques spécialisées ont en charge cette mission.

Une vocation d'information : la SFEN se veut également un lieu de rencontre privilégié pour tous ceux, spécialistes ou non, qui se sentent concernés ou tout simplement intéressés par l'énergie nucléaire. Un comité de la communication ainsi que 25 groupes régionaux et 16 clubs de jeunes sociétaires assurent cette tâche sur l'ensemble du territoire.

La SFEN organise près de 25 manifestations nationales et 2 ou 3 manifestations internationales chaque année. Elle diffuse la Revue Générale Nucléaire (RGN) et publie un bulletin mensuel de liaison ainsi que les actes des colloques qu'elle organise. 140 conférences régionales, une douzaine d'expositions et de nombreuses visites techniques ont également lieu chaque année. Une exposition itinérante du centenaire de la découverte de la radioactivité a été présentée dans 18 villes françaises et a reçu plus de 50 000 visiteurs.

La SFEN est un des principaux membres de la Société Européenne de l'Energie Nucléaire (ENS).

La Société Française de RadioProtection (SFRP)

Créée en 1965, la SFRP est une association qui a pour but de favoriser les travaux et les échanges d'informations entre les spécialistes de la radioprotection. Elle doit également faire connaître aux non-spécialistes les problèmes et la nécessité de la radioprotection.

Elle édite trimestriellement la revue "RADIOPROTECTION" et organise des séminaires, des tables rondes et des visites. De même, sont organisés des congrès internationaux en liaison avec des sociétés sœurs étrangères. Quatre sections techniques organisent les rencontres sur les sujets : environnement, rayonnements non ionisants, effets biologiques et instrumentation.

La SFRP est membre de l'Association Internationale de RadioProtection (IRPA).

7. Conclusions

La présentation qui vient d'être faite de l'industrie Nucléaire Française ne saurait être exhaustive. Le parc français des centrales et installations nucléaires est jeune ; un premier objectif de l'industrie est d'en assurer la maintenance ainsi que l'approvisionnement en combustible et en équipements de rechange. Un second objectif est d'offrir ses compétences et ses fournitures pour répondre aux besoins sur le plan international. Un troisième objectif est de préparer les produits et services de demain ; en effet, il faudra, dans un futur qui n'est pas si lointain, remplacer les centrales et installations actuelles et faire face à une demande accrue et inéluctable d'énergie tant au niveau national qu'à l'exportation. L'Industrie Nucléaire française sera présente à ce rendez-vous.

INDEX DES ORGANISMES CITES

AFCEN

Tour Framatome
92084 PARIS
LA DEFENSE – Cedex
01 47 96 05 01

AFNOR

Tour Europe
92084 PARIS
LA DEFENSE – Cedex 7
01 42 91 55 55

ANDRA

Parc de la Croix Blanche
1-7, rue Jean Monnet
92298 CHATENAY MALABRY -
Cedex
01 46 11 80 00

BNEN

1, av. du Gal de Gaulle
92141 CLAMART - Cedex
01 47 65 33 43

CEGELEC

Le Sextant
2, quai Michelet
92309 LEVALLOIS - PERRET -
Cedex
01 41 49 20 00

CEA

31-33, rue de la Fédération
75752 PARIS - Cedex 03
01 40 56 10 00

CNAM

292, rue Saint Martin
75141 PARIS Cedex 03
01 40 27 24 00

COGEMA

2, rue Paul Dautier
BP 4
78141 VELIZY - Cedex
01 39 26 30 00

DSIN

99, rue de Grenelle
75353 PARIS 07 SP
01 43 19 36 36

EDF

2, rue Louis Murat
75384 PARIS - Cedex 08
01 40 42 22 22

FAF

67, rue Blomet
75015 PARIS
01 53 58 32 10

FRAMATOME

Tour Framatome
92084 PARIS
LA DEFENSE - Cedex
01 47 96 14 14

GIIN

39-41, rue Louis Blanc
92400 COURBEVOIE
01 47 17 62 78

INSTN

CEA Saclay
91191 GIF SUR YVETTE
Cedex
01 69 08 60 60

IPSN

BP 6
92265 FONTENAY AUX ROSES - Cedex
01 46 54 70 80

MGP Instruments

BP 1
13113 LAMANON
04 90 59 60 01

NPI

6, cours Michelet
92064 PARIS
LA DEFENSE - Cedex
01 49 01 46 46

OPRI

BP 35
78110 LE VESINET - Cedex
01 30 15 52 00

SCHNEIDER ELECTRIC

Usine M3
38050 GRENOBLE - Cedex
04 76 57 60 60

SFEN

67, rue Blomet
75015 PARIS
01 53 58 32 10

SFRP

BP 72
92263 FONTENAY AUX ROSES - Cedex
01 46 54 71 39

SGN

1, rue des Hérons
Montigny le Bretonneux
78182 SAINT QUENTIN EN YVELINES - Cedex
01 30 58 60 00

THERMATOME

Parc Saint Christophe
Pôle Edison
95861 CERGY
PONTOISE - Cedex
01 34 22 50 00

TRANSNUCLEAIRE

9-11, rue Ch. Colomb
75008 PARIS
01 40 69 76 00

 
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