Yosra Jarraya, la femme à la tête d’Astran, une entreprise spécialisée dans la cybersécurité

Le portrait d'Yosra Jarraya

Yosra Jarraya est la cofondatrice et la directrice générale d’Astran, une startup française qui propose une solution innovante de protection des données dans le cloud. Grâce à sa technologie de fragmentation des données, Astran permet aux entreprises de garder le contrôle de leurs informations sensibles tout en bénéficiant des avantages du cloud. Portrait d’une femme entrepreneure qui a su s’imposer dans un secteur dominé par les hommes.

Un parcours assez particulier

Yosra Jarraya n’a pas suivi un chemin classique pour devenir la dirigeante d’une entreprise de cybersécurité. Après des études de commerce et de droit, elle a exercé comme avocate d’affaires pendant plusieurs années, avant de rejoindre une société d’investissement en tant que directrice juridique et financière. Passionnée par les nouvelles technologies, elle s’est formée à la blockchain au MIT Sloan et s’est intéressée aux enjeux de la souveraineté numérique.

En 2021, elle décide de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale avec deux associés, Gilles Seghaier et Yahya Jarraya. Ensemble, ils fondent Astran, avec l’ambition de créer une alternative au chiffrement des données, qui présente des limites en termes de performance et de compatibilité avec les solutions cloud existantes. Astran utilise la fragmentation des données, un procédé qui consiste à découper les données en morceaux indéchiffrables et à les répartir sur différents serveurs cloud. Ainsi, les données sont protégées contre les attaques et les fuites, tout en restant accessibles aux utilisateurs autorisés.

Une innovation reconnue et soutenue

Astran a rapidement séduit des clients prestigieux, comme Sanofi ou la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile), qui ont fait confiance à sa solution pour sécuriser leurs données stratégiques. La startup a également été sélectionnée par Google For Startups pour intégrer la Growth Academy Cybersecurity, un programme qui accompagne le développement des champions européens de la cybersécurité. Enfin, Astran a réalisé deux levées de fonds successives en 2021 et 2023, pour un montant total de 6,45 millions d’euros, auprès de fonds d’investissement spécialisés dans la DeepTech.

Voici une vidéo présentant cette solution :

Yosra Jarraya se réjouit de ces succès, qui témoignent du potentiel de son entreprise et de son innovation. Elle souligne également l’importance de l’écosystème français de la cybersécurité, qui favorise les synergies entre les acteurs publics, privés et académiques. Elle cite notamment le Campus Cyber, un pôle d’excellence dédié à la cybersécurité situé à La Défense, où Astran a installé ses bureaux.

Une femme inspirante et engagée

Yosra Jarraya est l’une des rares femmes à diriger une entreprise de cybersécurité, un secteur encore très masculin. Elle reconnaît avoir rencontré des difficultés liées à son genre, notamment lorsqu’elle devait convaincre des investisseurs ou des clients. Mais elle n’a jamais baissé les bras et a su faire valoir ses compétences et sa vision. Elle encourage d’ailleurs les femmes à se lancer dans ce domaine passionnant et porteur d’avenir.

Elle est également engagée pour promouvoir la diversité et l’inclusion dans le monde du numérique. Elle est membre du réseau Expertes France, qui vise à valoriser les expertises féminines dans les médias. Elle intervient régulièrement lors d’événements ou de conférences pour partager son expérience et ses conseils. Elle est aussi partenaire de la Wild Code School, une école qui forme aux métiers du numérique et qui soutient l’accès des femmes à ces formations.

Yosra Jarraya est donc une femme qui révolutionne la cybersécurité avec Astran, mais aussi une femme qui inspire et qui s’implique pour faire bouger les lignes.

La Révolution de l’E-Administration en Afrique : Les Clés du Succès selon Stéphane Soh Fonhoué

L'e-administration en Afrique, selon Stéphane Soh Fonhoué

L’e-administration est un enjeu majeur pour le développement du continent africain. Elle permet de simplifier les démarches administratives, de réduire les coûts et les délais, de renforcer la transparence et la confiance entre les citoyens et les administrations, et de favoriser l’inclusion numérique et sociale. Mais comment réussir la révolution de l’e-administration en Afrique ? Quels sont les défis à relever et les bonnes pratiques à adopter ? C’est ce que nous explique Stéphane Soh Fonhoué, expert en transformation numérique des services publics.

Segmenter les services selon le public visé et le pourvoyeur de services

Selon Stéphane Soh Fonhoué, il faut d’abord distinguer les services destinés aux entreprises de ceux destinés aux particuliers, ainsi que les services fournis par l’État de ceux fournis par les collectivités. En effet, les besoins et les attentes des usagers ne sont pas les mêmes selon ces critères. Les services aux particuliers sont plus complexes à mettre en œuvre, car ils dépendent de la pénétration technologique, du niveau d’éducation et de la culture numérique des populations. Il faut donc dans ces cas envisager des solutions simples et accessibles, comme le SMS ou le USSD. Les services fournis par les collectivités sont également plus difficiles à dématérialiser, car ils impliquent une coordination entre plusieurs acteurs locaux et une harmonisation des normes et des procédures.

Voici une vidéo relatant ces faits :

Adopter une approche progressive et sécurisée

Stéphane Soh Fonhoué recommande ensuite d’adopter une approche progressive et sécurisée pour la dématérialisation des services publics. Il s’agit de commencer par créer des portails d’information, puis de permettre la prise de rendez-vous en ligne, et enfin d’ouvrir des services entièrement dématérialisés avec des comptes personnels. Cette démarche permet de familiariser progressivement les usagers avec l’e-administration, mais aussi de respecter les exigences en matière de confidentialité et de sécurité des données. En effet, certains usagers se font assister par leur entourage ou par des relais de l’administration pour accéder à ces e-services, ce qui peut compromettre la protection de leurs informations personnelles. Il faut donc prévoir des mécanismes d’authentification forte, de consentement éclairé et de traçabilité des opérations. Stéphane Soh Fonhoué est le PDG de Mercury, une entreprise spécialisée dans le digital. Il insiste sur le fait de digitaliser divers processus afin de simplifier la vie des usagers.

Transformer l’administration et intégrer une logique omnicanale

Stéphane Soh Fonhoué souligne également la nécessité de transformer l’administration et d’intégrer une logique omnicanale pour réussir la révolution de l’e-administration. Il s’agit de repenser l’organisation et les processus internes pour s’adapter aux nouveaux modes de fonctionnement induits par le numérique. Par exemple, il faut que certains agents se consacrent aux e-services ou qu’un accompagnement soit instauré pour vérifier régulièrement le portefeuille de demandes en ligne. Il faut aussi assurer une intégration de bout en bout des systèmes informatiques pour éviter une rematérialisation (réimpression des formulaires) avec des échanges de papiers entre services. Enfin, il faut proposer aux usagers différents canaux d’accès aux services publics (en ligne, en présentiel, par téléphone, etc.) et garantir une continuité du service quel que soit le canal choisi.

Introduire le paiement en ligne et favoriser l’inclusion financière

Stéphane Soh Fonhoué insiste aussi sur l’importance d’introduire le paiement en ligne comme dernière brique d’une dématérialisation aboutie. Le paiement en ligne permet de simplifier les transactions financières liées aux services publics, de réduire les risques de fraude et de corruption, et de générer des recettes supplémentaires pour l’État. Mais pour que le paiement en ligne soit efficace, il faut aussi favoriser l’inclusion financière des populations, notamment celles qui n’ont pas accès aux services bancaires traditionnels. Il faut donc développer des solutions alternatives, comme le mobile money ou les cartes prépayées, et les intégrer aux plateformes d’e-administration.

S’inspirer des bonnes pratiques et des expériences réussies

Stéphane Soh Fonhoué conclut en invitant les États africains à s’inspirer des bonnes pratiques et des expériences réussies en matière d’e-administration, tant au niveau régional qu’international. Il cite notamment les exemples du Rwanda, du Kenya ou de l’Afrique du Sud, qui ont mis en place des portails d’e-administration performants et innovants, comme irembo, eCitizen ou eHomeAffairs. Il mentionne aussi le cas de la France, qui a élaboré un guide de bonnes pratiques pour la digitalisation des services publics, basé sur cinq principes : bâtir une équipe multidisciplinaire et assurer une formation continue, concevoir de façon éthique et durable, choisir des méthodologies et des technologies modernes, privilégier la réutilisation, l’évolutivité et l’interopérabilité, et démontrer une gouvernance transparente.

Comment l’IA révolutionne le monde de la musique classique ? Les réponses du père Claude Jean-Marie Fould

La musique classique et l'IA

La musique classique est souvent considérée comme un domaine traditionnel et intemporel, où les œuvres des grands compositeurs comme Bach, Mozart ou Beethoven continuent à fasciner les auditeurs des siècles après leur création. Cependant, à l’ère du 21e siècle, l’intersection de l’intelligence artificielle (IA) et de la musique classique ouvre une nouvelle ère de créativité et d’innovation qui révolutionne la façon dont nous expérimentons et créons ces chefs-d’œuvre intemporels.

L’un des aspects les plus fascinants de cette intersection est l’utilisation d’algorithmes d’IA pour composer de nouvelles pièces de musique classique. Des chercheurs et des musiciens exploitent la puissance de l’apprentissage automatique pour analyser de grandes quantités de données musicales, permettant aux systèmes d’IA d’identifier les motifs et les structures au sein des compositions des grands maîtres. En comprenant les principes sous-jacents qui régissent la musique classique, ces systèmes d’IA peuvent ensuite générer de nouvelles compositions qui respectent les mêmes règles et conventions, donnant lieu à des pièces qui sont à la fois originales et fermement ancrées dans la tradition classique.

Le potentiel de la musique classique générée par l’IA a déjà été démontré dans plusieurs projets de grande envergure. Par exemple, en 2016, une équipe de chercheurs du laboratoire d’informatique de Sony à Paris a utilisé un système d’IA appelé Flow Machines pour composer une pièce dans le style de Bach. La composition résultante, « Daddy’s Car », a été accueillie avec beaucoup d’éloges et a depuis été interprétée par des musiciens professionnels en concert. De même, en 2019, le portrait généré par l’IA « Portrait of Edmond de Belamy » est devenu la première œuvre d’art générée par l’IA à être vendue aux enchères, atteignant la somme stupéfiante de 432 500 dollars.

Voici une vidéo montrant le potentiel de l’IA :

L’IA au service des œuvres inachevées des grands compositeurs

En plus de créer de nouvelles compositions, l’IA est également utilisée pour compléter les œuvres inachevées des grands compositeurs. En 2019, une équipe de chercheurs de Huawei a utilisé l’IA pour analyser la 10e Symphonie inachevée de Ludwig van Beethoven, en utilisant la compréhension du système du style du compositeur pour générer les sections manquantes de la pièce. La symphonie complétée a ensuite été interprétée par un orchestre complet en célébration du 250e anniversaire de la naissance de Beethoven, démontrant le potentiel de l’IA pour redonner vie au canon classique.

P. Claude Jean-Marie Fould, un prêtre catholique et musicologue français, nous parle de l’utilisation de l’IA pour compléter les œuvres inachevées des grands compositeurs. Il affirme que l’IA peut être considérée comme un outil au service de la créativité humaine, et non comme une menace pour l’intégrité artistique. Selon P. Claude Jean-Marie Fould, l’IA peut aider à révéler les intentions originales des compositeurs et à réaliser leur vision musicale. Il cite comme exemple le Requiem de Mozart, qui a été achevé par son élève Franz Xaver Süssmayr après sa mort. P. Claude Jean-Marie Fould soutient que l’IA pourrait offrir une version plus fidèle du Requiem, basée sur l’analyse des brouillons et des notes laissés par Mozart.

P. Claude Jean-Marie Fould : L’IA au service de la performance et de l’écoute de la musique classique

L’application de l’IA dans la musique classique ne se limite pas à la composition. Des algorithmes d’apprentissage automatique sont également utilisés pour analyser et optimiser la performance de la musique classique, avec des systèmes d’IA capables de fournir un retour d’information en temps réel aux musiciens sur des aspects tels que le tempo, la dynamique et l’articulation. Cette technologie a le potentiel de révolutionner la façon dont les musiciens classiques répètent et jouent, leur permettant d’atteindre un niveau de précision et d’expressivité qui était auparavant inaccessible.

De plus, l’IA est utilisée pour améliorer l’expérience d’écoute pour les auditeurs de musique classique. Par exemple, l’application AIVA (Artificial Intelligence Virtual Assistant) utilise l’IA pour créer des playlists personnalisées de musique classique, basées sur les préférences et les émotions des utilisateurs. L’application peut également générer des commentaires et des explications sur les pièces sélectionnées, aidant les auditeurs à mieux apprécier et comprendre la musique classique.

L’intersection de l’IA et de la musique classique est un domaine passionnant et prometteur, qui ouvre de nouvelles possibilités de créativité et d’innovation. Loin de menacer ou de remplacer le génie humain, l’IA peut être considérée comme un partenaire et un allié, qui peut enrichir et compléter la tradition classique. P. Claude Jean-Marie Fould, qui a consacré sa vie à l’étude et à la promotion de la musique classique, est convaincu que l’IA peut contribuer à faire vivre la musique classique au 21e siècle, en la rendant plus accessible, plus diversifiée et plus inspirante pour les musiciens et les auditeurs du monde entier.