Cedric Gavel : Gestion et organisation de la maintenance électromécanique de l’unité opérationnelle.

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Toute personne occupant un haut poste de responsabilité a une vision différente de son travail. Découvrez dans ce numéro, Cedric Gavel, chef de Projet chez ArcelorMittal. Il répond à toutes nos questions pour ce portrait journalistique hebdomadaire.

Bonjour, où travaillez-vous ?

Cedric Gavel : – Je travaille en tant que chef de projet pour le site ArcelorMittal de Dunkerque. Il s’agit d’une industrie Sidérurgique installée dans le Nord de la France. Ma mission principale consiste à piloter des projets sur le périmètre de l’Aciérie au sein du service « Études et Travaux Neufs ».

Cedric Gavel, pouvez-vous expliquer ce que vous faites réellement ?

Cedric Gavel: – Objectivement parlant, mon travail démarre depuis la pré-étude et la réalisation des travaux . Je suis chargé d’assister avec mon équipe de consultants composée d’une dizaine, voire une quinzaine de personnes, le tout dépend du projet en cours à l’étude et la mise en place des projets. Nous avons pour objectif de définir les budgets en vue d’élaborer un dossier à soumettre à l’équipe de direction dans le seul but d’obtenir des crédits.

Ledit travail se déroule en plusieurs étapes :

– APS :

Il s’agit de l’Avant-Projet Sommaire. Il est évalué à plus ou moins 20 % du budget. Au cours de cette étape, la mission prioritaire est d’enquêter sur les différentes solutions techniques à utiliser pour réaliser le projet.

– APD

Il est question de l’Avant-Projet Détaillé. Le budget à cette étape est estimé à près de 80% des prix consultés et prêt à être engagés en commande. Cette phase permet de définir la solution et de planifier sa mise en place en fonction du temps imparti.

– Présentation du projet à la direction.

En fonction de nos estimations, le projet peut excéder 2 millions de dollars. Cette étape consiste à confier la substance de notre étude à la direction du site qui présente les sujets.

– Accord de crédit :

Une fois le budget voté, on passe en phase exécution.

Il s’ensuit alors les engagements de commandes, la réalisation du planning, le suivi budgétaire, la définition des travaux, les besoins en équipes de suivi de travaux, puis la mise en service.

Cedric Gavel, parlez-nous de projets auxquelles vous avez contribué

Cedric Gavel : – Mes compétences sont pluridisciplinaires, mais contrairement à d’autres, je suis spécialisée dans le traitement des projets à dominante électrique. Parlant de fait d’armes, je peux citer :

  • L’élaboration d’un Poste d’alimentation électrique Haute Tension (13,8KV ; 2500kVA).
  • La gestion d’un projet d’installation d’une meuleuse de brame (budget 1,8M€, dans le délai et dans le budget).
  • Projet en cours : Pendant le confinement en 2020, un collègue et moi-même, avons écrit des dizaines de Spécifications techniques (ST) qui ont permis d’aboutir à la solution qui a été mis en place pour le projet en cours. À titre d’exemple, la réalisation de la plateforme Génie Civil, pour permettre l’entrée des véhicules dans l’Aciérie ArcelorMittal.

Par ailleurs, j’ai rédigé des spécifications techniques en vue de construire une dalle béton pour circulation d’engins lourds. Parmi ceux-ci figure un dumper de 100 tonnes et une Porte auget de 180 tonnes. Il s’agit de dalles en béton technique : Béton fibré (fibres acier) ou béton hybride (fibré et armé). Des fournisseurs nationaux comme : Eurovia, Eiffage Route, Eiffage GC, Colas, et bien d’autres nous assistent dans chacune de nos réalisations.

Quand et pourquoi avez-vous décidé de devenir Chef de projet Cedric Gavel ?

Cedric Gavel : – Après ma formation à l’école d’ingénieur HEI à Lille (1992-1995), j’ai réalisé un Master de Science à l’Université de Salford en Grande-Bretagne. Puisque j’avais vocation à poursuivre mes études dans ce secteur d’activité, la gestion de projets s’est offerte à moi comme une option très intéressante et également très variée. Dès lors, j’ai décidé de m’y investir et c’est comme cela qu’en 1999, j’ai été choisi pour mener à bien ma première mission en tant que chef de projet.

Êtes-vous en mesure de dresser un parcours détaillé de vos missions depuis vos débuts jusqu’à ce jour ?

Cedric Gavel : –Lorsqu’il s’agit de mon parcours professionnel, oui je suis en mesure de vous donner quelques détails. A cet effet, à mes débuts (Mars 1998 – Mai 1999), j’avais travaillé comme développeur au sein du projet de refonte du système de supervision de l’usine Huntsman Tioxide à Calais. C’est ce qui m’a préparé psychologiquement et professionnellement à intégrer le milieu des chefs de projets mais aussi, d’occuper différents postes.

  • Juin 1999 – Août 1999

Affectation : Chef de projets

Mission :Refonte d’un programme automate (Allen Bradley : PLC5/80 redondant).

  • Septembre 1999 – Juillet 2002

Affectation :Ingénieur d’affaires pour INFAUTELEC (Groupe Baron Industrie), Intégrateur en automatisme, supervision et électricité industrielle.

Mission :Conduite de projets industriels à dominante électrique et automatisme.

Réalisations : Mise en service de matériels (démarreurs et variateurs Allen Bradley et Télémécanique, automates Siemens S7 et Allen Bradley…).

  • Août 2002 – Juillet 2005

Affectation :Consultant en ingénierie électrique pour NORD LITORAL INGENIERIE (Groupe Baron Industrie).

Missions :

Définition de budgets et études de faisabilité.

Définition des matériels électriques.

Rédaction de cahiers des charges pour consultation.

Suivi de travaux et réception pour le compte du client.

  • Août 2005 – Août 2006

Affectation :Chargés d’affaires pourArcelorMittal – Usine de Mardyck au Service : Etudes et Travaux Neufs.

Missions :

Assistance à la maîtrise d’œuvre dans le cadre du projet de couplage de la ligne de décapage avec le laminoir 5 cages.

Rédaction des ST et consultation.

Mise en place du réseau Profibus (FO et cuivre) et des racks d’entrées et sorties déportées (8 racks ET200).

Réalisation des études et plans électriques pour la phase “mise en parallèle” (près de 500 E/S).

Réalisation des études et plans électriques du projet de refonte de la gestion des arrêts d’urgence.

Pilote des essais électriques lors de la mise en service des arrêts d’urgence.

  • Septembre 2006 – Mars 2011

Affectation : Responsable maintenance électrique, zones des convertisseurs et de la métallurgie secondaire à l’aciérie.

Mission :Organisation de la maintenance électrique et des actions de fiabilisation de la zone métal liquide (secteurs Affinage et MEP – Métallurgie En Poche).

  • Avril 2011 – Octobre 2015

Affectation : Manager Opérationnel de Maintenance, zone des convertisseurs (Unité Affinage pour la Société ArcelorMittal – Usine de Dunkerque, Aciérie.

Missions :

Gestion et organisation de la maintenance électromécanique de l’unité opérationnelle.

Appliquer le plan de maintenance pour garantir la performance et la fiabilité des outils.

Assurer l’amélioration continue de la performance en développant les outils et les compétences des collaborateurs.

Participer au management de la fiabilité (analyses des incidents, GT) et aux projets de maintenance avec les supports.

Pilotage de la maintenance postée.

Organisation des Arrêts Briquetages. (7 arrêts/an, durée environ 10 jours/arrêt en FC).

Pilote de l’arrêt.

Organisation et suivi de la réalisation des audits sécurités.

Propriétaire des contrats de maintenance (3 mécaniques, 1 électrique).

Gestion budgétaire (7,8 M€/an).

Encadrement : 19 personnes de jour (électriciens et mécaniciens).

  • Octobre 2015 – Aujourd’hui

Affectation : Chef de Projet

Service : Etudes et Travaux Neufs, section Aciérie de la Société ArcelorMittal – Usine de Dunkerque, Département d’Ingénierie.

Missions :

Responsable des projets à dominantes électriques du périmètre.

Réalisation des budgets, gestion budgétaire des projets et des plannings.

Référent électrique de la section ETN Aciérie.

Réalisations :

Projet de décarbonation du site (Projet Bas-HMR).

Objectifs :

-Augmentation des capacités d’enfournement de ferrailles aux Convertisseurs.

– Aménagement de l’entrée « Flux ferrailles » de l’Aciérie : Création d’une plateforme Génie Civil (env. 8000 m²) et gestion de l’entrée des véhicules dans la Halle,

– Création des infrastructures de distribution électrique (HT/BT), informatique et fluides nécessaires à la gestion des Parcs à Matières (7ha),

– Aménagement de la zone « Accueil Camions » : Génie Civil, Bascules 150t, systèmes de contrôle, radioactivité, scanners, gestion flux, éclairage, etc.

Réalisation d’une plateforme pour l’installation d’une unité de meulage de brames.

– Création d’un poste de distribution électrique (HT/BT), transformateur 2500kVA,

– Réalisation de la plateforme Génie Civil (env. 6000 m²) et mise en sécurité machine.

Installation d’un rabot de décrassage de la fonte liquide,

Encadrement : 15 personnes (Chargés d’Affaires : Electrique, Automatisme, Instrumentation, Mécanique et GC).

Sur le plan personnel, comment vous décririez-vous ? Avez-vous des modèles internationaux qui ont inspiré votre parcours ?

Cedric Gavel : – Je n’ai aucunement la prétention de me définir comme Superman ou un quelconque héros de Marvel, le peu que je peux dire de ma personne, c’est que je suis une personne assez pragmatique. L’humour n’est pas vraiment mon point fort, mais il m’arrive de l’utiliser comme moyen de communication.
Abordant l’aspect qui vous intéresse le plus, je dirai que le président Ukrainien zelinski est l’un des contemporains qui m’a le plus impacté durant ma vie. Bien que je ne soit pas un politique au sens formel du terme, ce univers m’a permis de me retrouver dans ma profession. Je me réfère donc un peu à ce personnage pour m’identifier. Le sens des valeurs et l’éthique font partie de mon quotidien. Pour le reste, mon travail en dit déjà assez sur mes compétences.

Quelles sont vos sujets de prédilections ?

Cedric Gavel : Puisque mon métier me le permets, j’aime tout particulièrement les sujets ayant rapport avec le domaine électrique. Cependant, je suis enclin à toute autre discussion en lien avec mon travail. Il peut s’agir d’autres disciplines comme le Génie Civil, le VRD/route et la Mécanique, c’est des sujets que je trouve tous aussi intéressants les uns que les autres.

Cedric Gavel, avez-vous d’autres passions ?

Cedric Gavel : – J’ai une préférence pour l’apiculture : je vous l’avoue. J’ai lu de nombreux livres dans le domaine. Il m’est même arrivé de suivre une formation durant une année entière (1 après-midi par mois) au sein du lycée horticole de Leffrinckoucke (dans les environs de Dunkerque). Cela m’a permis d’améliorer et d’affiner mes aptitudes pratiques dans le domaine, car les livres ne permettent pas de l’obtenir. Seule l’expérience permet de révéler son talent. Aujourd’hui j’ai en ma possession 4 ruches avec des abeilles noires. Par ailleurs, la photographie fait également partie des choses du quotidien qui me passionne. Il m’arrive donc de prendre quelques clichés, mais uniquement par plaisir.

Découvrez Cedric Gavel : https://copainsdavant.linternaute.com/p/cedric-gavel-21045081https://www.crunchbase.com/person/cedric-gavelhttps://cgavelblog.tumblr.com/

Combien y a-t-il de centres nucléaires en France ?

La France et sa place dans le monde du nucléaire

On dénombre actuellement 58 centrales nucléaires sur l’ensemble du territoire Français. On peut se demander, pourquoi y a il autant de centre nucléaire en France ? Ce qui classe l’hexagone au deuxième rang mondial, juste derrière les Etats Unis avec 104 centrales. Il faut savoir que 75 % de la production électrique en France est assurée par l’énergie nucléaire. La politique énergétique du pays a été d’opter pour cette source d’électricité, notamment pour son faible coup de production du kilowatt heure, pour la densité énergétique de l’uranium et pour son impact CO2 nul. 

nucléaire

Répartition sur le territoire et risques pour les populations

La répartition des centrales est homogène sur l’ensemble du pays. Les effets et dégât dû à la radioactivité étant très puissants, peuvent potentiellement toucher l’ensemble de la France. En cas d’accident ou d’attentat sur un réacteur les conséquences sur les populations, la faune et la flore seraient énormes. la France prétend maintenant un niveau élevé d’indépendance énergétique avec l’électricité presque la moins chère en Europe. Elle dispose également d’un niveau d’émissions de CO2 par habitant extrêmement faible, puisque plus de 90% de son électricité est d’origine nucléaire ou hydraulique (11 %). Cette source d’énergie est donc de grande utilité à la France, mais pose un réel problème de sécurité publique. La gestion des déchets et la question de l’enfouissement sur le territoire restent des points compliqués.

La production des centrales

Les 58 réacteurs nucléaires exploités fournissent chaque année une moyenne de 416 milliards de kilowatt heure. Son coût de production est d’environ 42 € le mégawatt heure. La France exporte également une partie conséquente de l’électricité issue de la filière nucléaire vers ses voisins Européens. La fission de l’uranium permet donc au pays d’assurer un des meilleurs réseau électrique mondial avec des coupures rarissimes voir inexistantes. Bien que très réglementée l’énergie atomique constitue une source fiable mais représente un risque majeur d’accident dramatique.

Le rôle de la technologie nucléaire dans l’approvisionnement énergétique mondial diminue.

Les anniversaires des catastrophes de Fukushima et de Tchernobyl mettent en évidence les défis liés au recours à l’énergie nucléaire pour réduire à zéro les émissions nettes de carbone.

Au Japon, quelque 19 300 vies ont été perdues à la suite d’un tremblement de terre survenu au large de l’île de Honshu et du tsunami qui a suivi. Le tsunami a également balayé la digue de protection autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, et les inondations qui ont suivi ont conduit à la fusion partielle de trois cœurs de réacteur, provoquant des incendies et des explosions. Vingt-cinq ans plus tôt, l’erreur humaine avait provoqué une fusion sur le site de Tchernobyl, faisant sauter le toit d’un réacteur nucléaire et libérant des radiations à travers l’Europe.

Aujourd’hui, l’énergie nucléaire fournit environ 10% de l’énergie mondiale, contre 13% en 2010. Son utilisation pourrait continuer à baisser, même si elle continuera à faire partie du mix énergétique mondial pendant de nombreuses décennies, avec un rôle dans la décarbonisation des approvisionnements énergétiques. 

L’ère des combustibles fossiles touche à sa fin.

De nouveaux réacteurs continuent d’être planifiés et construits – en Chine et en Inde, par exemple. Mais, comme l’Agence internationale de l’énergie (AIE) l’a noté, l’utilisation générale de l’énergie nucléaire, en particulier dans les pays à revenus élevés, est inférieure à ce qu’elle appelle son scénario de développement durable. Et, face à la baisse des coûts de l’énergie produite à partir de sources renouvelables telles que l’énergie solaire et éolienne, il est possible que la demande d’énergie nucléaire ne rebondisse pas.

L’attention étant centrée sur les catastrophes nucléaires, il est difficile d’imaginer l’enthousiasme avec lequel l’énergie nucléaire était autrefois considérée, alors qu’elle était considérée par beaucoup comme une réponse à la demande mondiale d’énergie. Depuis le premier réacteur expérimental en 1951, les réacteurs ont été mis en service à un rythme croissant. Ainsi, 20 à 30 réacteurs étaient mis en service presque chaque année entre la fin des années 1960 et la fin des années 1970. 

Mais cela a changé après la catastrophe de 1979 à l’usine de Three Mile Island en Pennsylvanie, où un dysfonctionnement du refroidissement a entraîné la fonte d’une partie du cœur d’un réacteur. Heureusement, cela n’a fait aucun morts, mais 7 ans plus tard, quelque 31 personnes sont mortes des suites directes de la catastrophe de Tchernobyl. Beaucoup d’autres ont été affectées par les radiations qui se sont propagées dans ce qui était alors l’Union soviétique, ainsi qu’en Europe de l’Est et de l’Ouest, mais les chiffres restent contestés. Au cours de la catastrophe de Fukushima, jusqu’à 50 personnes ont subi des brûlures non mortelles par rayonnement, et une personne est décédée par la suite d’un cancer du poumon résultant d’une exposition aux rayonnements.

Outre les décès et les risques pour la santé, le coût des dommages causés par Tchernobyl dépasserait 200 milliards de dollars américains, et le Centre japonais de recherche économique estime que les coûts de décontamination du site de Fukushima se situent entre 470 et 660 milliards de dollars. À la suite de la catastrophe, 12 des réacteurs japonais ont été définitivement fermés; 24 autres restent fermés dans l’attente d’examens de sécurité.

Tout cela signifie qu’en plus des coûts de construction, tout pays investissant dans l’énergie nucléaire doit pouvoir débloquer d’importantes sommes en cas de catastrophe, qu’elle soit le résultat d’une erreur humaine ou de phénomènes naturels.

En revanche, bien que les technologies des énergies renouvelables en soient encore à leurs balbutiements, leurs coûts diminuent et leur réglementation est beaucoup plus simple. 

Les bases théoriques et les applications.

L’intensification du conflit israélo-arabe et israélo-palestinien.

Les bases théoriques et les applications

L’énergie de liaison entre les protons et les neutrons constituant les noyaux atomiques, rapportés à leur masse totale, est nulle pour l’hydrogène ; elle croît ensuite rapidement avec la masse atomique des éléments successifs de la classification de Mendeleeiv ; elle est maximale pour le fer, puis redescend plus lentement jusqu’à l’uranium. Cette énergie de liaison est équivalente à une masse, suivant la célèbre équation e = mc², due à Henri Poincaré et Albert Einstein, dans laquelle c est la vitesse de la lumière. Les noyaux atomiques, sauf celui de l’hydrogène, présentent ainsi un défaut de masse par rapport à la somme des masses des protons et des neutrons qui les constituent, ce défaut de masse étant maximal pour le fer. Il est possible de récupérer une partie de l’énergie de liaison entre protons et neutrons, soit en cassant un noyau lourd en deux éléments plus légers (fission), soit en constituant un noyau plus lourd, à partir de deux éléments légers (fusion). Dans les deux cas, les réactions se traduisent par une légère perte de masse des éléments finals par rapport à celle des éléments initiaux, associée à une libération d’énergie toujours considérable, en raison de l’importance du coefficient de proportionnalité c², mais bien plus importante dans le cas de la fusion que dans celui de la fission, si on la rapporte à la masse globale mise en jeu.

Les réactions de fission

Tous les noyaux lourds ne sont pas fissiles. L’uranium 238, le plus lourd des éléments naturels, ne l’est pas. Son isotope naturel 235 (1 atome d’U 235 pour 139 atomes d’U 238) est, par contre, fissile, ainsi que le thorium. Une réaction de fission type est, par exemple :

[equation]

[equation]est un neutron. Les chiffres inférieurs donnent les numéros atomiques des éléments (nombre de protons dans leurs noyaux), les chiffres supérieurs le nombre total de protons et de neutrons. Un autre noyau très fissile est celui du plutonium 239, premier élément artificiel dit transuranien, qui résulte de la capture d’un neutron par un noyau d’uranium 238 dans un réacteur nucléaire . Une réaction de fission individuelle est déclenchée par l’impact d’un neutron. Mais elle peut s’amorcer spontanément, dès qu’une masse suffisante de matière fissile est rassemblée (masse critique), les premiers neutrons produits déclenchant la fission d’autres noyaux (réaction en chaîne).

Les applications de la fission nucléaire

Une bombe atomique est essentiellement constituée de deux masses distinctes sous-critiques, brutalement mises en contact par une explosion conventionnelle pour constituer une masse sur-critique qui explose, provoquant une onde de choc, un rayonnement intense X et g, un dégagement de chaleur considérable dans le visible et l’infrarouge.

Les réacteurs nucléaires à usage civil sont conçus pour contrôler la réaction, qui ne peut ainsi devenir explosive. Toute l’énergie libérée se transforme en chaleur au coeur des réacteurs et doit être évacuée de façon continue vers les circuits d’utilisation. La dispersion volontaire du combustible nucléaire dans les réacteurs civils rend plus difficile l’amorce de la réaction en chaîne, qui ne se produit spontanément qu’avec des combustibles à base de plutonium très fissile (réacteurs dits à neutrons rapides). L’utilisation de combustibles à base d’uranium 235, moins fissile, impose de ralentir les neutrons émis pour augmenter leur probabilité de capture, grâce à un matériau solide ou liquide appelé modérateur (réacteurs dits à neutrons lents). La tendance actuelle est d’utiliser un modérateur liquide, servant simultanément de fluide dit caloporteur, évacuant l’énergie calorifique dégagée.

Les réactions de fusion

Ce sont les réactions qui fournissent leur énergie aux étoiles. Elles ne concernent que l’ hydrogène [equation]H, le deutérium [equation]H (ou hydrogène lourd), le tritium [equation]H, et aboutissent par étapes à l’hélium [equation]H. Elle sont rendues possibles, au coeur des étoiles, par les pressions et par l’agitation thermique considérables qui y règnent et permettent ainsi de surmonter la répulsivité réciproque des noyaux en présence. Seule l’une de ces réactions a pu être reproduite sur Terre, au niveau de masses significatives (et non pas seulement au niveau de la collision de deux noyaux isolés dans un accélérateur) ; c’est la réaction : [equation](Méga électrons Volt), très énergétique, qui s’amorce à la température la plus basse (ordre de grandeur du million de K). Le deutérium [equation]H est un isotope naturel stable de l’hydrogène, qui en contient 0,015 %. Compte tenu de la masse des océans, c’est donc un combustible inépuisable. Le tritium [equation]H, quant à lui, n’existe pratiquement pas à la surface de la Terre, mais il peut être produit simplement par bombardement neutronique d’un matériau naturel assez abondant, le lithium.

Les applications de la fusion nucléaire

Jusqu’à ce jour, la fusion n’a trouvé que des applications militaires. Il est, en effet, possible d’amorcer une réaction de fusion explosive en utilisant comme détonateur une bombe à fission. Tel est le principe des bombes dites thermonucléaires à deutérium et tritium, ou à deutérium et lithium, qui existent en deux versions principales : les bombes stratégiques de destruction massive, dont la version la plus puissante a été expérimentée par l’Union soviétique en 1961, les bombes dites à neutrons renforcé destinées à tuer le personnel des formations militaires, même protégé par des blindages, sans faire trop de dégâts de matériels. Ces dernières peuvent aussi détruire ou neutraliser des missiles stratégiques rentrant dans l’atmosphère, par un simple tir de proximité.

Malgré les efforts acharnés conduits dans de nombreux pays depuis 1958, les tentatives de domestication de l’énergie de fusion à des fins civiles n’ont encore donné que des résultats balbutiants.

L’impact économique du nucléaire civil

Quelques petits réacteurs ont pour principale finalité de constituer des outils de recherche ou de production d’isotopes radioactifs utilisés en médecine (traçage radioactif, irradiation des tumeurs), ou dans l’imagerie technique (contrôle des matériaux et des soudures par gammagraphie). Malgré de nombreuses études portant sur des applications potentielles de réacteurs particuliers à des activités industrielles, métallurgiques ou chimiques, les grands réacteurs actuels constituent toutes les sources chaudes de centrales électriques, fonction dans laquelle ils se substituent aux sources chaudes classiques que sont les chaudières de combustion. Leur impact économique est alors considérable dans les pays dépourvus de ressources rentables en combustibles fossiles, comme la France et le Japon. Ils permettent tout d’abord d’abaisser le prix de revient de l’électricité produite (en France, le kiloWatt heure (kWh) d’origine nucléaire revient à 25 centimes, aux bornes des centrales, contre 32 centimes pour le kWh-charbon et 34 centimes pour le kWh-gaz). Mais ils améliorent aussi spectaculairement la balance des paiements des pays utilisateurs (réduction des importations de combustibles fossiles étrangers, exportation d’énergie électrique vers des pays voisins), tout en assumant la sécurité de l’approvisionnement énergétique en cas de tension ou de conflits internationaux. Ils constituent enfin le seul moyen actuellement connu de lutte contre l’augmentation rapide de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère, génératrice de l’effet de serre. Le rôle des grands réacteurs ne cessera de se développer, après épuisement des ressources pétrolières et gazières, surtout s’il se révèle possible d’abaisser le prix de revient du kWh nucléaire à des valeurs suffisamment faibles pour que l’hydrogène, issu de l’électrolyse de l’eau, se présente économiquement comme un carburant automobile de remplacement.

Un certain flou, assez périlleux, subsiste toutefois quant aux techniques de stockage des combustibles irradiés et quant au prix de revient de ces opérations. Ce flou risque de subsister aussi longtemps que l’énergie de fusion n’aura pas pris le relais de l’énergie de fission. Il semble cependant se préciser que les techniques françaises, auxquelles se rallient les Japonais, de retraitement chimique de ces combustibles pour en séparer l’uranium appauvri, le plutonium, ainsi que les autres résidus radioactifs dus à des réactions secondaires, classés par niveau de dangerosité, sont les plus efficaces. Elles permettent notamment une réduction considérable des volumes stockés, la destruction des produits les plus dangereux dans des réacteurs à neutrons rapides et la vitrification (c’est-à-dire que les déchets nucléaires sont coulés avec du verre), avant enfouissement en sites protégés, des autres résidus.

Les problèmes environnementaux

La croissance spectaculaire des usages pacifiques de l’atome a suscité l’inquiétude de l’opinion publique dans les pays occidentaux en raison du potentiel considérable de pollution de l’énergie nucléaire, non seulement dans un fonctionnement normal, mais, surtout, en cas d’accident majeur. Les catastrophes de Tchernobyl (Ukraine) en 1986 et de Kychtym (Oural) en 1957-1958 ont montré que la probabilité de tels désastres n’était, en effet, pas nulle.

Aujourd’hui, EDF est largement engagée dans une démarche de certification selon la norme ISO 14001 – protection de l’environnement.

Le cycle du combustible nucléaire

L’analyse du cycle du combustible nucléaire permet de hiérarchiser les risques résultant de l’usage civil de cette énergie, de l’exploitation de la mine d’uranium au stade final du stockage des déchets. Les différentes étapes de ce cycle ne présentent pas, en effet, un égal danger pour l’environnement. En réalité, les deux phases où les risques d’accident et (ou) de pollution sont les plus importants sont celle de la production d’énergie dans les réacteurs électronucléaires et surtout celle du retraitement des combustibles irradiés. À un degré moindre, dans les conditions propres aux pays occidentaux, le stockage des déchets peut aussi présenter un danger de pollution accidentelle catastrophique.

En l’absence d’accident, la pollution par les réacteurs en fonctionnement est relativement faible. Elle dépend, bien entendu, du type de réacteur utilisé. Les rejets d’un réacteur de type REP (réacteur à eau pressurisée), ceux d’EDF en France, par exemple, sont principalement constitués par du tritium, rejeté essentiellement sous forme d’eau tritiée (HTR). Selon les normes internationales en vigueur, la radioactivité des rejets d’un réacteur en fonctionnement normal ne doit pas excéder 1 Bq/l (becquerel/litre) d’eau fluviale ou littorale pour la totalité des types d’émetteurs, sauf pour le tritium, la tolérance des rejets allant jusqu’à 27 Bq/l.

L’étude de la radioactivité du Rhône près d’Arles montre cependant que, jusqu’à présent, EDF a largement suivi ces prescriptions puisque, à la fin des années 1980, cette dernière était à peine de 19,3 Bq/l pour le tritium, de 0,5 Bq/l pour le cérium 144, ou encore de 0,45 Bq/l pour le ruthénium 106.

Actualité du CEA – RSS 2.0

Identification d’une nouvelle prédisposition génétique au cancer du poumon
Le CEA et E.ON signent un accord de recherche sur l’énergie nucléaire
Le CEA dans l’Alliance européenne pour la recherche dans le domaine de l’énergie
Les ours de la grotte Chauvet : de l’art pariétal à l’analyse génomique

Autorité de sûreté nucléaire

L’ASN détecte des défaillances organisationnelles chez un sous-traitant d’AREVA en charge de la réalisation d’éléments du réacteur EPR. – 27.10.2008
L’ASN estime que la nouvelle solution technique proposée par EDF pour récupérer les deux assemblages combustibles est satisfaisante. – 22.10.2008
L’ASN se prononce sur la mise en conformité des générateurs de vapeur des centrales nucléaires d’EDF. – 21.10.2008
L’ASN a décidé de reclasser au niveau 2 sur l’échelle INES pour les évènements de radioprotection, l’évènement survenu à la société Mafelec concernant des rayonnements émis par des boutons d’ascenseur fabriqués par la société. – 21.10.2008
L’IRSN, dans son rôle d’appui technique de l’ASN, publie un rapport relatif aux événements liés au transport de matières radioactives. – 21.10.2008