Yassine Yakouti : l’interview vérité

Yassine Yakouti

L’avocat pénaliste parisien se confie dans une interview biographique sans langue de bois.

Comment et pourquoi tu es devenu avocat ?
Me. Yassine Yakouti

Je suis devenu avocat parce que petit, je parlais beaucoup et c’était une phrase qui revenait un petit peu dans la cour de récréation, dans les repas de famille : il sera avocat celui-là. Et ensuite, tout jeune, j’ai regardé un reportage sur Jacques Vergès et je voulais être avocat comme Jacques Vergès.

Ça voulait dire quoi en fait être avocat comme Jacques Vergès ?

Me. Yassine Yakouti

Ça voulait dire défendre envers et contre tous, ça voulait dire avoir le goût de la parole, ça voulait dire être l’avocat, celui lorsque ça ne va pas, il y avait… J’étais tout jeune, l’affaire Omar Raddad qui m’avait beaucoup choqué et c’était de me dire lorsqu’on est accusé, qu’on est dans une difficulté bornée, on est ce roc, celui qu’on appelle et puis il y avait des chansons, il y avait Jacques Vergès, je ne sais pas.

Qu’est ce qui est ta vie ? Alors c’était quoi cette affaire, Omar Raddad ? Et qu’est ce qui t’avait touché dans cette affaire ?
Me. Yassine Yakouti

Omar Raddad, c’était l’affaire du jardinier dans le sud de la France, l’affaire Omar Mathieu et c’était de mettre le meurtre de je crois madame Gillet Maréchal. Et ce jardinier marocain avait été impliqué et condamné principalement parce qu’il collait aux stéréotypes et il y avait cette question de l’erreur judiciaire. Je ne sais pas si ça a été tranché ou pas aujourd’hui, mais il y avait cette aura, cet avocat qui m’a fasciné.

Et du coup sur cette base, comment est-ce que tu t’orientes ?
Me. Yassine Yakouti

Sur cette base, je grandis, donc je suis plus haut deSeine et je suis au lycée Lakanal à Sceaux et pas très loin, il y avait une faculté de droit. Et ça me permettait de rester dans ma zone de confort et avec beaucoup de mes amis du lycée, on a tous été à la fac de droit de Sceaux. Un certain nombre qui sont aujourd’hui des amis, des confrères ou des magistrats. Mais voilà, je pense que j’ai eu de la chance d’être au bon endroit, au bon moment.

Et comment ça s’est passé une fois arriver à l’école de droit ?
Me. Yassine Yakouti

Une fois à la fac de droit, je travaillais en même temps, j’étais chauffeur livreur, puis chauffeur poids lourd. Je dois être un des seuls avocats à avoir mon permis poids lourds et ça s’est plutôt bien passé. Et de fil en aiguille, je ne veux plus été comme Vergès. Je me suis orienté puisque ça marchait plutôt bien vers le droit des affaires et donc j’ai eu un cursus à la faculté de droit, en droit des affaires et fiscalité internationale.

Qu’est-ce qui t’as intéressé dans le droit des affaires ?
Me. Yassine Yakouti

Ce qui m’a intéressé d’abord, c’était cette question d’avocat international, avocat des affaires. C’était extrêmement prestigieux, je le savais parce que ça recoupais aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui ont posé la question : qu’est-ce que ça veut dire commerce international ou droit international ? Il sera capable de vous répondre en pratique internationale. Mais voilà, il y avait ce mot, il y avait… je crois que si on additionne international, droit des affaires pour le petit garçon classe populaire que j’étais, c’était quelque chose de grand, de beau.

C’était des paillettes.
Me. Yassine Yakouti

Voilà, les paillettes.

Et du coup, est-ce que tu fais des stages puisque donc tu dis que tu es chauffeur poids lourd en parallèle de tes études ? Est-ce que tu as eu une découverte pratique du métier pendant que tu étais étudiant ?

Me. Yassine Yakouti

Pendant que j’étais étudiant, non, non, j’étais d’abord chauffeur poids lourd, puis après, je travaillais à la RATP. Et à la RATP, j’ai rencontré quelqu’un que j’apprécie beaucoup, qui est encore aujourd’hui un ami et qui m’a fait rencontrer en fin de licence une avocate, une consœur et j’ai fait mon premier stage dans la bibliothèque d’un grand cabinet d’affaires parisien qui s’appelle Baker McKenzie.

Attends, raconte-moi : du coup, cette rencontre à la RATP, c’était quoi ?
Me. Yassine Yakouti

Je travaillais en fin de deuxième année, j’étais chauffeur pour la RATP et j’ai rencontré un garçon, un ami, Thibault Guilluy, qui aujourd’hui est Haut-Commissaire aux entreprises solidaires. Et en discutant l’un et l’autre, je me rendais compte que même si je parle au début des années 2000, il n’y avait pas de réseau, il n’y avait pas Twitter, c’était toi et ta chance, les gens que tu rencontres sur le moment ou pas. Il n’y avait pas tous ces réseaux qu’on a aujourd’hui et qui sont très bien et c’était en réalité très intuitu personae. Donc je rencontre cet ami qui me dit : ben, j’ai une grande sœur qui est avocate, je ne savais même pas que ça existait des cabinets comme ça. Donc j’ai envoyé mon CV, j’ai acheté mon premier costume, ma première cravate et j’étais très content d’aller classer les livres dans la bibliothèque de ce cabinet d’avocats.

Mais attends du coup, cet ami, enfin, tu l’as rencontré à la RATV, mais il était chauffeur aussi ?
Me. Yassine Yakouti

Non.

C’était dans les bureaux ?

Me. Yassine Yakouti

C’était un partenariat qui a été fait avec une ONG dont qui s’occupait, qui s’appelait Sports Sans Frontières et il y avait un partenariat entre la RATP et Sport Sans Frontières.

Et qu’est-ce que tu faisais dans ce truc de Sport Sans Frontières ?

Me. Yassine Yakouti

On s’occupait d’organiser des chantiers internationaux pour les jeunes en difficulté, donc j’organisais avec Thibault, on a sympathisé en Inde, à Calcutta. Voilà, c’est une rencontre qui s’est faite dans un orphelinat à Calcutta.

C’est quoi un chantier au sens BTP ou un chantier au sens sportif ? Parce que du coup, tu me dis que c’est avec l’association Sport Sans Frontières.

Me. Yassine Yakouti

Alors pour revenir, moi je travaillais donc avec la RATP dans ce qu’on appelait à l’époque les… je ne sais pas si tu connais les blousons de bordeaux, autant c’était la médiation.

Non.

Me. Yassine Yakouti

C’était au début des années 2000, il y avait des jeunes filles et des jeunes garçons qui avaient un blouson bordeaux et qui mettaient en place de la médiation, de la discussion. C’était porté par une partie associative de la RATP. Et je m’occupais dans la ville ou j’ai grandi d’une association qui s’appelait ‘‘Gosses des rues d’ici et d’ailleurs’’ et l’idée, c’était de partir à l’étranger, au Maroc, au Kosovo, en Inde, avec des jeunes du quartier ou d’ailleurs qui avaient un certain nombre de difficultés et de faire un vrai chantier, par exemple construire une bibliothèque, construire un atelier, boulangerie, une école, un terrain de sport. Et c’est dans ce contexte-là que j’ai rencontré Thibaut Guilluy de Sport Sans Frontières.

À Calcutta, donc en Inde.

Me. Yassine Yakouti

Voilà !

Et tout ça t’a fait aboutir dans la bibliothèque de Baker McKenzie ?

Me. Yassine Yakouti

Exactement.

Et du coup, donc tu envoies ton CV à sa sœur avec un petit mot : je connais ton frère, on a fait un chantier ensemble. Je sais que vous êtes avocate, est-ce que je peux faire un stage avec vous ?

Me. Yassine Yakouti

Je pense que Thibault m’avait un petit peu recommandé auprès de Séverine Guilluy qui est une grande sœur qui a monté son cabinet depuis. Pour avoir été maman associée, enfin un parcours assez dont je suis assez admiratif. Séverine, tu nous écouteras et je te salue. Et j’ai envoyé mon CV à Séverine et qui l’a soumis au managing partner de l’époque. Et c’était un petit stage à la bibliothèque et j’étais très content dans les livres de droit et je m’étais quasiment… j’avais deux costumes qui se battaient en duel et je mettais mes plus beaux costumes pour aller ranger des livres poussiéreux et j’étais heureux.

Oui et après ça, tu dis que : est-ce que tu avais déjà la vision paillette du droit des affaires à ce moment-là ou est-ce que c’est aussi un peu venu avec ce stage ou tu dis que tu…?

Me. Yassine Yakouti

C’est venu, je me suis retrouvé à l’époque, ils étaient au 26 avenue Kléber, dans les beaux quartiers. Ça me paraissait incroyable et pourtant il y avait cette possibilité de voyager. Et il y avait aussi le challenge académique qui me plaisait dans le droit des affaires, c’est des études assez compétitives, on ne va pas se mentir. Et j’avais pris goût que cette forme de compétition et puis un succès, en amenant un autre, on se dit pourquoi pas ?

Et donc tu continues comme ça ?

Me. Yassine Yakouti

Donc j’ai continué ; après la bibliothèque de Baker Mackenzie, j’ai fait un stage chez eux dans leur département fiscalité, prix de transfert et j’ai continué mes études.

Oui, et tu rejoins l’école des avocats, j’imagine.

Me. Yassine Yakouti

Avant de rejoindre l’école des avocats, je fais une école de commerce, donc je fais l’Edhec à Nice. Je passe 1 an à Nice, je fais un stage dans une grosse boîte ici, je pars aux États-Unis.

Attends, attends, du coup, trop d’étapes. Qu’est-ce que tu retiens de cette année d’école de commerce ?

Me. Yassine Yakouti

Ce que je retiens, c’est des belles rencontres. C’est la construction d’un réseau, l’apprentissage de méthodes de travail qu’on n’avait pas à la fac ; à la fac, c’est un petit peu comme la plage dans Le soldat Ryan : tu commences tout seul et puis si tu arrives à ne pas prendre une balle, tu continues. Tu n’es quasiment pas encadré et puis tu es encadré par tes amis, par tes paires plus que par l’institution. Donc voilà l’école de commerce et des rencontres et ça permet de donner autre chose à son CV. Donc ça m’a permis de faire dans un premier temps un stage à Paris au groupe PPR Pinault-Printemps La Redoute qui s’est bien passé.

En droit des affaires aussi ?

Me. Yassine Yakouti

En fiscalité, oui, en droit des affaires. Et là-bas, j’ai rencontré l’ancien PDG du groupe qui était Serge Weinberg et qui m’avait dit je le croise au détour d’une photocopieuse et on échange, il me dit : qu’est-ce que vous faites là ? Il me dit : mais profitez, faites ce que vous voulez vraiment, qu’est-ce que vous voulez vraiment ? Et je rêvais d’aller aux États Unis, donc j’ai proposé à PPR de m’envoyer dans le cadre de mon année de stage à l’école de commerce aux Etats Unis et j’ai passé six mois d’abord dans la direction juridique internationale de PPR aux Etats-Unis.

Trop cool, tu es passé par cet ex dirigeant que tu as croisé à la photocopieuse ou tu… ?

Me. Yassine Yakouti

Non je suis passé par… j’ai envoyé mon CV, mon stage s’était très bien passé ici. Donc j’avais l’accord de mon n + 28, je ne sais pas, j’étais tellement bas que c’était n + 28. Et j’ai proposé, j’ai fait des entretiens avec la direction juridique Etats-Unis et voilà, c’était passionnant.

Et ça t’a plu ?

Me. Yassine Yakouti

Ouais, terriblement.

Aux Etats-Unis.

Me. Yassine Yakouti

J’avais 24 ans, 23 ans et je me suis retrouvé d’abord à Chicago, puis à Indianapolis.

Pourquoi tu as changé ?

C’était prévu comme ça dès le départ ?

Me. Yassine Yakouti

C’était prévu comme ça dès le départ et puis c’est à 250 kilomètres, en fait, c’est la même zone, c’est le Midwest Great Lakes.

Oui, oui. Chicago, c’est plus sexy qu’Indianapolis non ?

Me. Yassine Yakouti 

Au final, je préfère Indianapolis.

Ah oui ?

Me. Yassine Yakouti

Je te dirais plus tard, mais je suis revenu et j’ai passé plus de temps à Indianapolis et j’aime beaucoup cette ville.

OK. Non, mais c’est intéressant.

Me. Yassine Yakouti

J’aime bien l’Indiana.

OK. Et du coup, tu rentres au bout de ces six mois aux États-Unis. Tu as 24 ans, dans ton école de commerce.

Me. Yassine Yakouti

Voilà, j’ai fini mon… moi, je suis un vieux, j’ai fait un DESS. Donc j’ai fini mon DESS, c’était la dernière année avant que ça s’appelle Master. Je me rappelle que je trouvais cette appellation dégradante de me dire : non, je vais faire un DESS. Aujourd’hui, ça paraît, ça fait comme les Bac C, je trouve que ça fait ancien quoi. Et bien, j’ai fini mon troisième cycle et que j’ai passé l’examen, j’ai passé un été en venant à la bibliothèque François Mitterrand et à la bibliothèque Sainte-Geneviève à réviser l’examen d’entrée au CRFPA.

Ouais, que tu… ?

Me. Yassine Yakouti

Que je…

Félicitations !

Me. Yassine Yakouti

Donc après je suis parti à Versailles, à l’Ecole d’avocats de Versailles.

OK. Versailles, parce que tu vis encore dans le Sud ou tu étais… ?

Me. Yassine Yakouti

Parce que je vivais dans le Sud et que j’avais passé à Livégitso à nouveau qu’elle était rattachée à Versailles.

Et là, stage final, tout se passe bien ?

Me. Yassine Yakouti

Tout se passe bien, je refais un PPI aux Etats-Unis.

Donc c’est là que tu es reparti en Indiana ?

Me. Yassine Yakouti

Oui, je suis reparti pendant 1 an dans l’Indiana, donc dans un cabinet d’avocats qui travaillait avec PPR.

Comment est-ce que… ouais, donc c’était un cabinet avec qui tu avais travaillé pendant que tu étais en stage là-bas, donc tu les as contactés ?  

Me. Yassine Yakouti

Exactement, exactement.

OK.

Me. Yassine Yakouti

Ce que j’ai retenu jeune des gens qui ont pu m’aider, c’est que c’est l’importance du réseau, d’entretenir le réseau et d’essayer de… parce que je dis à des jeunes que j’accompagne ou à des clients : il faut se donner de l’ambition de ses prétentions.

Et comment… qu’est-ce qui t’a tant plu à Indiana ?  

Me. Yassine Yakouti

C’est une petite ville, c’est les gens, c’est le Midwest : c’est des rencontres, c’est des amis et le travail. Le travail était très intéressant, je m’occupais de ce qu’ils appelaient un European Desk, donc un bureau d’affaires européennes où je centralisais des demandes qui étaient faites par des clients internationaux. Il y a énormément de boites internationales dans l’Indiana. Ça peut paraître paradoxal, mais c’est, je crois l’état ou tel plus de laboratoires pharmaceutiques au monde. Je crois que c’est là-bas qu’on a inventé le vaccin Pfizer. Donc tu as une grosse industrie pharmaceutique.

C’est pour des raisons fiscales ou historiques. ?

Me. Yassine Yakouti

Raisons historiques d’abord, puis fiscales. Je crois que c’est un Etat qui a mis une fiscalité très particulière pour les entrepreneurs.

Et donc tu reviens, donc ça c’est PPI 1 an ?

Me. Yassine Yakouti

Oui, PPI 1 an.

Tu as envisagé de rester là-bas ?

Me. Yassine Yakouti

Ouais.

Et alors ?

Me. Yassine Yakouti

J’envisageais, je me suis posé la question, puis pour des raisons personnelles, ça ne s’est pas fait.

Hum. Et tu reviens donc.

Me. Yassine Yakouti

Je reviens, je repars pour… j’intègre un cabinet américain à Paris qui s’appelle Charmant Stirling. Je repars pour disons une formation, je repars aux États-Unis pour trois mois, puis je reviens.

C’était où cette fois ?

Me. Yassine Yakouti

À New York.

À New York.

Me. Yassine Yakouti

Et je repars là-bas.

Vous avez eu une tentation d’y rester ?

Me. Yassine Yakouti

Non, là c’était pour revenir en tant que collaborateur ici. Puis j’ai débuté chez eux et après je rejoins un autre cabinet en droit fusion-acquisition et droit boursier international, c’était Fresh Fields.

Comment s’est passée cette première expérience comme collaborateur ?

Me. Yassine Yakouti

J’étais très content d’y arriver et par contre, j’ai pu être un petit peu déçu autant il avait quand tu es stagiaire. Quand tu es étudiant, il y a cette euphorie de la nouveauté, l’euphorie de la nouveauté de découvrir. Et puis, quand j’ai des collaborateurs, j’ai débuté vraiment en 2008, donc mi-2008, et ça a été le début de la crise des subprimes et ça a été très, très difficile dans les cabinets où j’étais. C’était l’époque des charrettes, l’époque où il n’y avait pas vraiment de boulot.

Et ça, ça t’a déçu ? En fin, pas le fait que du coup, l’impact sur les conditions de travail t’a déçu ?  

Me. Yassine Yakouti

L’impact, on travaille beaucoup, mais je continue à beaucoup travailler, mais on est, c’est-à-dire que j’étais… Il y a un film que j’aime beaucoup, ce Taxi Driver avec Robert De Niro et il y a cette scène où il rentre dans un taxi et se dit : je vais rester 30 ou 40 ans là-dedans. Et un matin, en allant dans un cabinet d’affaires, je me suis dit que je n’avais pas envie de rester 30 ou 40 ans là-dedans.

Pourquoi ?

Me. Yassine Yakouti

Parce que je me suis occupé de la faillite d’une grosse banque à l’époque et j’ai été un petit peu choqué par des comportements rapaces et qui n’étaient pas en adéquation avec l’image que j’avais. Je devais avoir 26 ans, donc j’avais fait le tour du côté académique, faire le tour du monde. La fac de droit m’a ramené très loin et j’ai vraiment passé du… je regarde un excellent souvenir. Moi, ce n’était pas… le rythme de travail, le manque de perspectives et non, je voulais faire autre chose.

C’est quoi un comportement rapace ?

Me. Yassine Yakouti

Un comportement rapace, c’était le seul objectif de cette banque qui avait quand même plombé une grande partie de l’économie internationale de ceux qui étaient aux responsabilités. C’était tout bon, tout pour leur gueule quoi. Il y a eu des graves répercussions financières et juridiques que j’ai pu voir, mais ce qui comptait pour des dirigeants, bah c’était leur body, eux c’est pomper tout l’argent.

Et là, tu te dis : non, je ne peux pas faire ça de ma vie.

Me. Yassine Yakouti

Non.

Du coup, tu quittes cette première expérience ?

Me. Yassine Yakouti

Non, je ne la quitte pas tout de suite, je continue à travailler parce que toutes ces études à l’étranger, les écoles de commerce, il y a un prêt étudiant. Je viens d’un milieu populaire, j’ai dû tout financer par moi-même. Donc bah notre toute cette nécessité et j’ai été payé très, très bien rémunéré. Donc au bout d’un moment, je continue, je me dis qu’il faut que je solde mon emprunt étudiant. Et un jour en me baladant, en faisant mon premier dossier correctionnel que j’ai plaidé à l’ancienne 23-1 à Paris, la petite salle. C’est la première fois que j’ai plaidé. J’ai été plaidé pour une mère de famille qui avait des problèmes d’addiction à l’alcool et je rencontre des avocats que je ne connaissais pas en fait, des avocats de palais. Et ils me parlent, ils me disent : tiens, tu devrais peut-être essayer. Je leur dis que je veux faire du pénal, j’ai écrit à tout le monde, je crois que j’ai dû envoyer 400 CV. Il y a peut-être dix avocats qui m’ont répondu et je me rappelle très bien de ceux qui m’ont répondu. Aujourd’hui, je comprends, je n’en garde rigueur à aucun de ceux qui ne m’a pas répondu. Il y a beaucoup de travail, il y a beaucoup de temps et le silence est une forme de réponse, n’est-ce pas ?

Surtout quand il se répète.

Me. Yassine Yakouti

Voilà ! Et je me dis on me dit : il faut que tu que tu passes la conf. Et je me mets à m’intéresser aux petites structures et je me dis il faut que je passe ce truc-là.

Lilas Louise Maréchaud

Au bout de combien de temps tu as soldé ta dette étudiante ?

Me. Yassine Yakouti

Je l’ai soldé, j’ai fait un remboursement anticipé au bout d’un an et demi.

Lilas Louise Maréchaud

Oui donc, et c’est à partir de là que tu t’es vraiment autorisé à…

Me. Yassine Yakouti

Ouais.

Et puis comment est-ce que tu es arrivé à ce premier dossier correctionnel ?

Me. Yassine Yakouti

Par des rencontres, j’étais avocat.

C’est quelque chose que tu avais recherché ?

Me. Yassine Yakouti

Non.

Non.

Me. Yassine Yakouti

Non, ça m’est venu comme ça. Moi, à chaque fois qu’on me demande de me dire : mais tu es avocat, je dis non, non, je ne suis pas avocat, je m’occupe des droits boursiers et de fusions-acquisitions complexes. J’ai rédigé des prospectus, je fais des pactes d’actionnaires trilingues. Et un jour, on me dit : non, mais c’est vraiment, c’était la sœur de quelqu’un que je connaissais et elle passe en comparution immédiate et j’ai aimé.

Ouais.

Me. Yassine Yakouti

J’ai eu une révélation.

Comment tu t’es senti d’aller à cette comparution immédiate, toi qui venais du milieu de… ?

Me. Yassine Yakouti

Je tremblais comme une feuille morte. Et j’ai envie de me dire que c’était grâce à moi, mais en vérité, depuis ce métier m’a appris l’humilité. Elle est sortie parce qu’elle devait sortir avec la justice a décidé qu’elle devait sortir, mais au moins, je l’ai accompagné, j’étais là.

Peut-être que tu as eu ton petit rôle quand même dans cette histoire.

Me. Yassine Yakouti

On aura un débat sur… enfin beaucoup d’avocats s’attribuent beaucoup de mérite, soit s’attribuent beaucoup de mérite d’une bonne décision. Une fois aussi la contrepartie, c’est d’accepter la responsabilité d’une mauvaise décision. Mais bizarrement, on entend que ce sur des bonnes décisions.

Oui, ce n’est pas faux. Et du coup, là, tu rencontres, ça te plaît et c’est un switch pour toi dans le fait de vouloir…

Me. Yassine Yakouti

C’est un switch où je me dis je veux être avocate de palais et je veux porter la robe. Moi, je suis un amoureux du palais et de la Cour d’Appel et avant il y avait tout, ça fait avant ça fait vieux, mais il y avait le tribunal et enfin c’était première instance, deuxième instance. Tout était là-bas et j’ai adoré cette ambiance.

Lilas Louise Maréchaud

Donc tu dis : tu envoies 400 CV, tu reçois 10 réponses. Sur ces 10 réponses, j’imagine que la plupart sont négatives.

Me. Yassine Yakouti

La totalité.

 

La totalité.

Me. Yassine Yakouti

Il y a ce Mario Stasi qui m’a reçu avec Emmanuel Daoud. Je m’en rappellerais qui est devenu parfois un adversaire dans des dossiers. Un avocat qui s’appelle Mourad Fallek que je j’aime beaucoup. Henri Leclerc, d’autres m’ont répondu et puis la plupart, c’était de me dire : vous êtes fou, pourquoi vous faites ça ? Vous avez un super CV, vous êtes dans des sphères où la plupart d’entre nous aimeraient aller et moi je disais : non, ce que je veux, c’est le contentieux, c’est le pénal.

Tu as l’impression que leur refus était plus lié à l’incompréhension de cette transition que tu voulais faire ? Car au fait, qui recrutait ??? ou est-ce que… ?

Me. Yassine Yakouti

Je pense que j’étais à la mauvaise période rétrospectivement pour connaître un petit peu le milieu du droit pénal, il faut être là au bon moment, au bon endroit, il faut… On recrute beaucoup par bouche à oreille et j’étais dans aucun de ces cercles. Puis j’ai dû candidater je crois que c’était en… j’ai été commencé à candidater en février 2009. Février, c’est la mauvaise période, les places sont déjà prises par ce qui était. Il y a plein de facteurs, enfin c’est multifactoriel et aussi peut-être une forme d’incompréhension, mais il est taré lui, il a fait une école de commerce aux Etats Unis, il a fait… pourquoi est-ce qu’il veut venir mettre les mains dans le cambouis ?

Et à ce moment-là, parmi toutes ces rencontres, parlons de la conférence.

Me. Yassine Yakouti

On parle de la conférence.

 

Toi, c’est quelque chose que tu connaissais ?

Me. Yassine Yakouti

Non.

Non.

Me. Yassine Yakouti

Je n’avais jamais entendu parler.

Oui. Et du coup, comment tu abordes ça ?

Me. Yassine Yakouti

Ben, on me dit il y a la conférence et je regarde et on me dit : bah si tu veux vraiment faire du pénal, il faut faire ça. Moi, je n’ai pas eu… je pourrais parler avec beaucoup de confrères aujourd’hui qu’on ait un autre parcours, l’un n’exclut pas l’autre. Mais je n’ai pas été dans un cabinet, je peux être patron au pénal, je n’ai pas eu de mentor et ça a été mon… Donc je me suis dit que je voulais la passer, donc je suis arrivé, je suis monté dans la salle hall de la bibliothèque et j’ai écouté les autres candidats, les secrétaires. Ils me paraissaient magnifiques et flamboyants et je m’étais dit : je veux faire ça.

Oui, quand tu t’es préparé.

Me. Yassine Yakouti

J’ai écouté, j’étais à trois ou quatre séances, j’ai regardé. Je regardais les candidats, j’ai parlé avec un autre de mes amis qui l’a passé, qui m’a donné un des meilleurs conseils qu’on a pu me donner, c’est : commande les CD des anciennes promotions. Ils regardent les vidéos. Donc je suis convaincu que l’homme est un primate et qu’on apprend en regardant et en répétant ce qu’on fait. C’est le sens même de notre éducation et j’ai regardé, j’ai essayé avant tout de comprendre l’exercice. Et donc j’ai passé le premier tour et là, j’ai posé ma démission de ce gros cabinet d’affaires et pendant la fin du concours, j’ai rejoint un petit cabinet, enfin je n’aime pas ce mot-là : petit ; petit, c’est péjoratif.

Une petite structure en terme du nombre de personnes.

Me. Yassine Yakouti

Voilà, il n’y a ni petit, ni grand et on peut être grands dans des petits et très petit, dans des choses très grandes. Et je rejoins ce cabinet de la Vialle où il y a beaucoup d’anciens secrétaires qui sont passés par là et…

C’était intentionnel de ta part ?

Me. Yassine Yakouti

Non. C’est un cabinet qui faisait… c’était parce que je voulais faire du pénal et c’est le seul poste que j’ai trouvé, c’était du pénal protection juridique assurances et ça a été une expérience incroyable.

Raconte.

Me. Yassine Yakouti

Ben, tu t’occupes de la protection juridique, donc tu fais les chiens écrasés un peu partout en France. Une histoire de gifle à Soissons qui va me revenir, une bagarre entre voisins qui a dégénéré vers Evreux à cause d’une branche d’arbre qui dépassait. Il faut s’imaginer des gens qui ne connaissent rien au droit, un petit litige pénal et qui mettent en jeu la protection juridique de l’assurance. Mais tu as des cabinets, c’est un marché qui gère ça et c’était Bibi qui s’est coltiné ça.

Ça a duré combien de temps cette expérience ?

Me. Yassine Yakouti

Ça a duré pendant que je passais mon concours de la conférence.

Donc quelques mois ?

Me. Yassine Yakouti

Oui, ça a duré un peu plus jusqu’en février, ça a duré huit mois.

Huit mois ? Qu’est-ce que tu en a appris ? Est-ce que ça t’a… enfin, bon manifestement, ça ne t’a pas dégoûté parce que tu es allé au bout de la conférence du pénal ?

Me. Yassine Yakouti

Non, ça m’a appris que l’important, c’est les gens. L’important, c’est les gens et moi dans ce métier, ce que j’aime, c’est l’autre, discuter avec les gens.

Et du coup, qu’est-ce qui est ce fameux sujet qui t’a appelé à la conférence ?

Me. Yassine Yakouti

J’ai tremblé comme une feuille morte, je m’étais dit et puis j’étais déprimé de ne pas avoir au moment où je passe le premier tour, voilà 400 CV, je me disais pourquoi on ne veut pas de moi ? Pourquoi on ne me répond pas ? On devient même il y a pourquoi même pas, mais en réalité ce n’est pas une question d’être aimé. Et je me dis : allez, il faut que je la passe et je passais avec sur un sujet, je crois que c’était ‘‘faut-il se faire des ennemis ?’’ Et ce qui m’avait intéressé, c’est que c’était un auteur que j’aime beaucoup, qui était invité Patrick Rambaud. Donc c’était j’aimais beaucoup les chroniques du règne de Nicolas 1er à l’époque, je ne sais pas si ça te dit quelque chose.

Ça ne me dit rien, mais j’arriverai.

Me. Yassine Yakouti

J’aimais beaucoup Patrick Rambaud.

Donc c’est des romans historiques ?

Me. Yassine Yakouti

Ouais, enfin, c’était… il racontait le quinquennat de Nicolas Sarkozy comme si c’était une chronique médiévale, c’est hilarant.  

Je vais le lire. Et donc ce qui t’attire, c’est finalement plus que le sujet, l’invité qui sera là ce soir.

Me. Yassine Yakouti

L’invité, le sujet, si je ne connaissais pas grand-chose.

Lilas Louise Maréchaud

Oui. Et qu’est-ce que tu as raconté ?

Me. Yassine Yakouti

Oui, j’ai raconté beaucoup de bêtises, mais bon, ils m’ont quand même fait passer et j’ai rencontré un avocat qui est devenu ce soir-là, ce n’est pas le bâtonnier qui présidait, c’était un avocat qui est devenu un ami, un modèle. C’était Vincent Nioré qui présidait. Et quand je finis le discours, c’est un peu comme mom, enfin la bafouille que j’avais préparée, il me reçoit, il me dit : ah, tenez ma carte, je pense que vous avez toutes les qualités pour être secrétaire de la conférence. Je vais vous accompagner. Donc voilà !

Très bien, les gens ont dit tout le monde allait écouter Vincent Nioré sur Fleur d’avocat, c’est une interview poignante.

Me. Yassine Yakouti

C’est un ami de longue date dans la profession, c’est quelqu’un qui a compté et ??? qui compte beaucoup pour moi.

Et donc il t’accompagne dans cette préparation de cette conférence ?

Me. Yassine Yakouti

Ben moi je n’y connaissais rien, je ne suis pas un avocat de palais et il me dit : on va déjeuner ensemble, vous allez discuter avec moi, je vais vous expliquer. Et il me dit : ben il faut que vous fassiez ci, ça, ça. Il m’a donné une leçon d’éloquence qui m’est toujours restée depuis que je dis à mes collaborateurs, à mes stagiaires et j’avais dit : elle a la peau bronzée et il m’avait dit si tu veux avoir ce concours, elle n’a pas la peau bronzée, elle a la peau cuivrée. Et je pense que c’est la manière dont tu vas appréhender la langue, ça m’est resté en tête, tu m’as servi de leçon.

Tu avais déjà ce genre d’affinité avec la langue française ?

Me. Yassine Yakouti

J’ai toujours aimé, j’aime beaucoup, j’ai toujours beaucoup lu.  

Oui.

Me. Yassine Yakouti

Je suis un lecteur avide.

OK, de qui ?

Me. Yassine Yakouti

De tout et n’importe quoi. Ce genre de personne si tu le mets dans une salle d’attente, je vais tout lire le règlement, ce qu’il y a enfin j’ai un cerveau qui…

… qui recherche des lettres ?

Me. Yassine Yakouti

Ouais, j’ai du mal à… j’angoisse, je dois beaucoup angoisser, donc j’ai besoin de lire, mais j’aime lire, j’aime les lettres, j’aime les mots.

Et tes auteurs de référence ?

Me. Yassine Yakouti

Moi, celui que je préfère par-dessus tout, c’est Maupassant. Voilà je suis de la secte de Maupassant, j’ai dû tout lire. Après, ça peut… là, je relis en ce moment Steinbeck. Ça peut passer, je peux lire, tu connais lire et puis tu… elle a été.  

Maupassant non pendant longtemps, et pourtant je ne relis pas beaucoup de bouquins. Et encore aujourd’hui, je ne comprends pas pourquoi j’ai eu ce tropisme avec ce bouquin. Mais quand j’étais ado, tu vois là 16, 18 ans, j’ai lu plusieurs fois une vie, alors que la vie de Jeanne quand même, c’est la déprime totale quoi. Et je ne sais pas encore aujourd’hui, je ne comprends pas ce qui m’a tant touché dans ce bouquin, peut-être que je ne voulais pas avoir ça justement.

Me. Yassine Yakouti

Je ne pense pas que tu étais servante dans une auberge en Normandie.

Non, effectivement.

Me. Yassine Yakouti

Mais non, non, je relis régulièrement Maupassant. Il y a une nouvelle que j’aime beaucoup, c’est un lâche et j’ai envie de… d’ailleurs je la reprends souvent quand je dois plaider, elle est synonyme de beaucoup de choses dans la vie, un lâche !

Très bien. Et donc, tu avais cette appétence, tu es coaché par Vincent Nioré qui t’aide à concentrer tout ça.

Me. Yassine Yakouti

Oui, il me dit : voilà, tu fais ça et on me redit encore regarde les vidéos et je repassais le deuxième tour, le troisième tour.

Tu te souviens de tes sujets ?

Me. Yassine Yakouti

Le premier, c’était : ‘‘faut-il se faire des ennemis ?’’. Le deuxième, j’ai eu de la chance : ‘‘faut-il encourager les lâches ?’’

Trop facile.

Me. Yassine Yakouti

La réponse est oui, bien-sûr, j’encourage toujours les lâches, les louches, les faibles. Ce que j’aime, c’est la faiblesse. C’est ce que j’aime, ce que je n’aime pas, les gens qui réussissent, je n’aime pas les gens trop parfaits.

Qu’est ce qui t’agace avec les gens trop parfaits ?

Me. Yassine Yakouti

Bah la perfection.

C’est-à-dire ?

Me. Yassine Yakouti

Non. En vérité, personne n’est parfait, personne. Il n’y a pas d’ombre pas, il n’y a pas d’ombre absolue ou de lumière absolue. Derrière toute perfection, il y a des aspérités et c’est ça qui est intéressant, c’est l’envers du décor. Et derrière une belle photo sur les réseaux, il y a autre chose.

Et pour toi, parce que tu dis je n’aime pas la réussite, je n’aime pas les gens parfaits ; pour toi, la réussite et la perfection, c’est la même chose ?

Me. Yassine Yakouti

Je n’ai pas compris.

Pour toi, la réussite et la perfection, c’est la même chose ?

Me. Yassine Yakouti

Non, non. La réussite, c’est d’avoir plus ça va, c’est le bonheur et plus je vieillis, je me dis que le bonheur, ce n’est pas un lieu, mais un chemin, voilà.

Oui, c’est vrai ton chemin du bonheur alors.

Me. Yassine Yakouti

Ben pour l’instant, c’est faire le travail que j’aime, ma famille et essayer de me rendre utile.

Et avant tu le disais premièrement, tu pensais que c’était un lieu ?

Me. Yassine Yakouti

Quand je dis que je pensais que c’était un lieu, je m’occupe de beaucoup d’étudiants. Tu sais, quand on est jeune, on se dit quand je serai avocat, je serais heureux ; quand je serai marié, je serai heureux ; quand j’aurai des enfants, je serai heureux. Mais en fait le bonheur, ce n’est pas un lieu ou un moment, c’est vraiment le chemin, la route que tu vas prendre.

A quel moment tu as l’impression d’avoir switché entre le lieu quand je serai avocat, quand je… et le moment ?  

Me. Yassine Yakouti

Peut-être que l’expérience en cabinet d’affaires.

Justement en ce moment, tu dis en fait je ne veux pas faire ça toute ma vie.

Me. Yassine Yakouti

En fait, c’est ce pourquoi tu t’es battu, tu as travaillé nuit et jour et tu te dis à ce moment-là, je vais être au max et en fait non.

Tu es toujours toi max ?

Me. Yassine Yakouti

Ça varie, enfin plus ça va, plus je me dis ça ne veut rien dire être au max, on n’est jamais au max. Si un jour on est au max, je suis beaucoup plus nuancé dans ce que je vois et ce métier m’apprend beaucoup la nuance aussi.

Et donc ça, c’était le deuxième sujet : faut-il encourager les lâches ? Et il faut encourager les lâches donc on a conclu.

Me. Yassine Yakouti

Ce que j’aime, c’est…

Et on remarquera que ce n’est pas ‘‘faut-il encourager la lâcheté’’, c’est ‘‘faut-il encourager les lâches ?’’

Me. Yassine Yakouti

Ce n’est pas pareil.

Ce qui n’est pas pareil, oui.

Me. Yassine Yakouti

C’est comme en droit, moi je ne défends jamais le crime, mais je peux défendre des criminels. Ce n’est pas pareil.

Exactement.

Me. Yassine Yakouti

Et le troisième sujet, qu’est-ce que c’était ma foi, ça va me revenir.

Le cabinet qui t’a recruté, le cabinet qui faisait de la protection juridique pénale, il savait que tu passais la conf et que c’était temporaire votre collaboration.

Me. Yassine Yakouti

Il avait l’habitude, c’est un confrère qui est devenu un ami depuis aussi, Antonio Alonso qui fait du droit du travail et de la protection. Et lui, il était très cool, il m’a dit : écoute, va au bout de… c’était très bienveillant.

Et tu dis que c’est un ancien secrétaire lui aussi ? Non, c’est les collègues ?

Me. Yassine Yakouti

C’est quelqu’un qui avait passé cinq fois, il en était fou. Il m’a dit moi, je n’ai jamais eu, mais il aimait beaucoup. Il y avait deux anciens secrétaires qui étaient là-bas, enfin trois qui étaient passés. Il y avait Grégory Saint Michel, Cédric CHALEPE et c’était Cédric CHALEPE à l’époque, voilà je parlais avec eux. Et Thibault Rouffiac, mais qui n’était plus.

Et donc là tu es pris ?

Me. Yassine Yakouti

Et donc là je suis pris, ouais.

Pris au premier coup ?

Me. Yassine Yakouti

Au premier coup, ouais.

Canon. Tu te sens comment à ce moment-là ?   

Me. Yassine Yakouti

J’ai une pensée pour mes grands-parents qui sont venus en France, c’est quelque chose de… enfin, c’est un truc qui me tombe dessus, c’était… moi, je l’ai passé en 2009, lui en 2010. Je suis toujours très attaché à cette institution et je sais qu’aujourd’hui, il y a tout, les vidéos, mais c’était encore quelque chose de quasiment très, très mystérieux à l’époque. Et du jour au lendemain, tu te retrouves à avoir le bâtonnier qui te fait la bise des avocats, bah Vergès qui est là par exemple le soir de son élection, c’était juste dingue, dingue !

Et tu as plus que pendant tes études, tu avais quand même une certaine vision de paillettes de la profession d’avocat quand tu t’es orienté vers le droit des affaires internationales et tout.

Me. Yassine Yakouti

International.

International.

Me. Yassine Yakouti

Voilà !

International, worldwide.

Me. Yassine Yakouti

Worldwide and a lot of money.

Est-ce que et là tu dis que tu es ému justement quand tu es élu secrétaire, tu es ému en repensant à ton histoire familiale, à tes grands parents qui sont venus en France, tout ça.

Me. Yassine Yakouti

Ouais, si c’est un parcours et puis tu fais des rencontres incroyables, incroyables. Si je devais résumer ma vie, c’est des rencontres, c’est ce qui m’a le plus aidé dans la vie.

Et tu es resté en collaboration quand tu étais secrétaire ou tu…

Me. Yassine Yakouti

Je suis resté un petit peu et donc il y avait beaucoup de permanences, c’était avant la réforme de la garde à vue. C’était quand la garde à vue durait 30 minutes, ça fait vieux, mais franchement, j’avais beaucoup de choses changées en quinze ans, c’est délirant. Un autre rythme et puis d’un commun accord avec le cabinet, je ne suis pas ici pour escroquer les gens. La collaboration libérale, c’est bien-sûr libéral, mais au bout d’un moment, il faut travailler et manifestement, il fallait se rendre à l’évidence, je n’étais pas…

… ce n’était pas compatible.

Me. Yassine Yakouti

Ce n’était pas compatible. Donc j’ai décidé de me mettre à fond.

Donc à ton compte, à fond comme secrétaire ?

Me. Yassine Yakouti

Voilà, le cabinet où j’étais m’ont laissé, enfin dans le même immeuble, j’ai été domicilié par une avocate exceptionnelle, Virginie Bianchi, qui est une ancienne directrice de prison, qui était devenue avocate, qui m’a… c’était dans le même cabinet de la Viale, qui m’a hébergé, c’est-à-dire que j’étais en surf en domiciliation, voilà c’est le mot. Et j’ai fait toutes les perms, toutes les gardes à vue.

Est-ce que… c’est une question très naïve, mais c’est possible de vivre de l’activité de secrétaire de conférence pendant cette année ?

Me. Yassine Yakouti

Non, j’avais un petit peu d’argent parce que tu es à l’aide juridictionnelle, donc tu es payé déjà avec un delta de quatre mois de retard.

Ouais, avec des UV disons.

Me. Yassine Yakouti

Avec des UV et qui sont dérisoires. Tout ce qui est l’indemnisation des instructions criminelles, elle intervient à la fin de l’instruction, donc nécessairement c’est en année n+2 ou +3. Donc non, tu vivotes, mais tu n’as pas les mêmes… enfin pour moi, j’avais 27 ans, 28 ans, je n’avais pas les mêmes…

Tu n’as pas les mêmes charges ?

Me. Yassine Yakouti

Oui, je n’avais pas les mêmes charges.

Oui, et tu l’as vécu comment cette année ? Tu dis beaucoup de rencontres.

Me. Yassine Yakouti

Ça a été mon dernier succès, si je devais qualifier la conférence, je dirais que ça a été mon dernier succès scolaire et mon premier succès professionnel.

Ah oui ?

Me. Yassine Yakouti

Ouais.

Ah ouais. Et la conférence comme premier succès professionnel ou un dossier en particulier dans la Conférence peut-être ?

Me. Yassine Yakouti

Non, intégrer….

Intégrer la conférence.

Me. Yassine Yakouti

Intégrer la conférence. Et non bah, mes camarades de promotion aujourd’hui encore sont des amis, des frères, des sœurs. Et puis des dossiers, des trucs incroyables, tu vois, je n’ai pas les mots, les mots me manqueraient pour…

C’est à confirmant en tout cas dans l’idée que le partenariat est resté tout…

Me. Yassine Yakouti

Ouais, c’est ça que je voulais faire de la première cour d’assise, les permanences tous les jours en comparution immédiate, les déferrements, les JLD, j’ai adoré, j’ai a-do-ré.

Et donc ça se termine ?

Me. Yassine Yakouti

Donc ça se termine…

Et tu restes à ton compte ?

Me. Yassine Yakouti

Je reste, je me pose la question est-ce que je vais partir ailleurs ou pas ? Et bah j’étais…

Ailleurs géographiquement ou ailleurs… ?

Me. Yassine Yakouti

Non, non. Est-ce que je veux repartir en collaboration ? Et la littérature comme souvent, le chien et le loup de la Fontaine. Et je m’étais dit que peut-être que le chien était bien gras, bien nourri mais j’aime la liberté du loup.

Oui et donc tu t’installes et là il faut…

Me. Yassine Yakouti

Je m’installe avec un pote dans un bureau qu’on partage à deux et parce qu’on commence à comme on dit charbonner.

Oui, donc charbonner c’est toutes les peines…

Me. Yassine Yakouti

Toutes les peines, la prison, la taule non-stop. Si je devais donner un conseil à un jeune avocat : il faut aller en prison, il faut aller en prison, il faut aller en prison, il faut aller en prison.

Qu’est-ce qui se passe quand tu vas en prison ?

Me. Yassine Yakouti

Bah quand tu vas en prison, tu fais ton office d’avocat. Donc déjà tu es présent, tu bosses, tu bosses, tu joues tous les ballons, tous.

C’est quoi jouer tous les ballons ?

Me. Yassine Yakouti

Bah tu défends de la même manière n’importe qui. Enfin, c’est mon point de vue, c’est d’avoir… tout le monde a le droit à une défense de PDG.

Est-ce que tu l’as écrit sur ta carte de visite…

Me. Yassine Yakouti

Non.

…tout le monde a le droit à une défense de PDG ?

Me. Yassine Yakouti

Non. Ce que je veux dire c’est que… et je l’ai vu moi dans des dossiers de droit des affaires, je vois des notes de 8000 pages, des trucs de fou, de droit pénal des affaires ou de droit des affaires aussi. En fiscalité, pour un montant d’impôt, ils vont décortiquer la Convention européenne des droits de l’homme notamment l’article 1. Il faut savoir que le domaine où la Convention européenne des droits de l’homme a été le plus utilisée c’est la fiscalité, c’est dingue. Ce n’est pas pour la liberté des gens, mais c’est pour la liberté du pognon. Et non de travailler puis un succès en amenant un autre, il peut tout de suite être de moins en moins en permanence et à être dans ce qui est important pour moi aussi en tant qu’avocat est choisir, designer, j’aime beaucoup cette notion de choix.

À quel moment est-ce que tu as l’impression que ça a basculé justement le…

Me. Yassine Yakouti

Bref…

…la permanence plus de choix ?

Me. Yassine Yakouti

Fin 2011, début 2012.

Donc au bout de deux ans ?

Me. Yassine Yakouti

Ouais. Et puis parce que c’est un avocat que j’aimais beaucoup : Liénart. Jean-Yves le vrai, pas celui de la police, le vrai Liénart qui disait que le classement ATP des avocats en pénal, ce n’est pas des articles, ce n’est pas tout ça, c’est la promenade de prison. Et il y a une question : est-ce que tu sors les gens ?

Hum.

Me. Yassine Yakouti

Si tu sors des gens et que tu fais ton boulot, bah pas de mystère.

Est-ce que pendant ces deux ans, il y a un moment où tu as un peu découragé ? Où tu t’ai dit justement…

Me. Yassine Yakouti

Oui bien sûr.

… c’est dur quand-même, ce n’est pas un…

Me. Yassine Yakouti

Ah ouais.

Parce que c’est un rythme de vie, enfin. En plus il faut y aller en prison, c’est… Tu vois genre c’est un rythme de vie, c’est un style de vie, un rythme de vie qui est dur quoi.

Me. Yassine Yakouti

C’est un style de vie, c’est un truc où tu es… enfin c’est l’école monacale : tu dois travailler nuit et jour. Il faut être présent, il faut connaître ses dossiers. C’est extrêmement compétitif et c’était il y a dix ans voilà et je trouve que la profession a changé en dix ans.

Qu’est-ce que tu vois toi comme un changement de la profession depuis ces dix ans ?

Me. Yassine Yakouti

Les réseaux.

C’est-à-dire ?

Me. Yassine Yakouti

Bah on est devenu… moi ça ne fait pas long, je n’aime pas trop en fait les réseaux peut-être parce que ce n’est pas mon…

Tu veux dire Twitter, LinkedIn…

Me. Yassine Yakouti

Twitter, LinkedIn…

…Facebook.

Me. Yassine Yakouti

…Facebook, Instagram. Et à l’époque, il y avait que ton téléphone, il n’y avait même pas WhatsApp quand… Il n’y avait pas de groupe de discussion, ça va vite. Et ton portable, tes audiences quand tu obtiens, tu fais de la procédure surtout. Si c’est pour dire : si je dois caricaturer beaucoup d’interventions au pénal. Si c’est pour après le procureur dire oui, mais moi, tout le monde sait le faire. Non, non, il faut travailler, il faut être dédié à ses clients.

Et ça tu as l’impression que cette éthique professionnelle, elle est moins présente aujourd’hui ?

Me. Yassine Yakouti

Non elle…

Parce que les réseaux, enfin…

Me. Yassine Yakouti

Il y a plus de monde déjà la profession en 10 ans moi je l’ai vu stratosphérique le nombre de… enfin elle a grossi comme jamais et tant mieux. Moi je ne fais pas partie des gens qui veulent l’imiter. Je crois que quand j’ai dû prêter serment en 2008, il y avait 21 000 avocats, 32 à Paris, on est 32 000 aujourd’hui. Ça a grossi de manière exponentielle, il y a une paupérisation de la profession, c’est indéniable. Et il y a peut-être plus en plus de monde et tant mieux, donc c’est une profession qui attire.

Et toi, donc tu dis qu’au bout de deux ans, enfin que tu charbonnes comme ça pendant environ deux ans et puis au bout d’un moment ça switch et tu passes progressivement vers quelque chose de plus ou tu es choisi par une clientèle ?

Me. Yassine Yakouti

Oui.

Oui. Et c’est comme ça depuis, c’était beaucoup de pénal général, c’était toi, c’était quoi ton activité ? Est-ce que…

Me. Yassine Yakouti

Pénal général.

Pénal général.

Me. Yassine Yakouti

Pénal classique.

Il n’y a aucun moment où tu as essayé de raccrocher avec le droit des affaires ? Enfin le droit pénal des affaires.

Me. Yassine Yakouti

J’en ai quelques-uns, mais comme disait Moro-Giafferri : on a les clients qu’on mérite. Je ne sais pas, j’ai du pénal général, j’ai…

Je ne sais pas si c’est une histoire, mais c’est intéressant que tu dises ça. Qu’est-ce que ça veut dire pour toi du coup quand tu dis ça par rapport au fait que tu as du pénal général, et…

Me. Yassine Yakouti

Mais c’est que peut-être je suis… mais je ne sais pas. Je ne sais pas, ce n’est pas vrai, je suis… aujourd’hui j’en fais beaucoup plus, ça doit représenter 30 % un petit peu de mon activité. Ce mot-là pénal des affaires, ça reste du pénal. Enfin, ce que je veux dire c’est peut-être prosaïque, mais il n’y a pas plus de mérite à être coupable d’un ABS que de voler dans un supermarché.

Non, non, ce n’est pas du tout ce que j’entendais par ma question. J’entendais plus : est-ce que tu avais raccroché avec ? Enfin, est-ce que tu avais essayé de créer des ponts entre ton activité de pénaliste et ton activité d’affairiste ?

Me. Yassine Yakouti

J’ai essayé mais je n’en ai pas eu comme ça de…

Ils sont venus comment les dossiers de droit pénal des affaires ?

Me. Yassine Yakouti

Par le bouche-à-oreille, par le réseau.

Oui. Et aujourd’hui c’est encore ça ton activité donc tu dis avec 30 % de…

Me. Yassine Yakouti

Oui, ça reste mais après c’est des réseaux, c’est des réseaux. Et pour l’instant je n’ai pas de grosses boîtes ou de comptes et puis j’ai pris goût à ce que je fais.

Et donc ce que tu fais droit pénal entre guillemets, enfin droit pénal…

Me. Yassine Yakouti

Ouais.

…pour reprendre ton appellation à toi, quel que soit le type d’affaires et avec des clients qui te choisissent principalement.

Me. Yassine Yakouti

Principalement ouais.

Et ça te fait quoi justement ce choix ?

Me. Yassine Yakouti

Il y a un truc. J’ai une admiration sans borne pour le dévouement de mes confrères dans le cadre des avocats de France ou d’ailleurs. C’est une profession qu’on va me de dire que j’en fais partie, c’est pour ça que j’admire beaucoup. C’est une profession altruiste, c’est une profession, c’est un métier de dingue. Tu peux avoir des gens qui vont aller à l’autre bout du monde pour aller aider quelqu’un, est-ce que c’est la beauté ? La beauté du geste mais quand tu viens en permanence, tu te présentes, tu dis : bonjour monsieur, bonjour madame, vous êtes en garde à vue et le bâtonnier m’a demandé d’intervenir pour vous. Donc, alors que là quand elles choisissent, c’est quelqu’un qui a demandé ton assistance et je trouve que ça crée une relation particulière. On t’a demandé, tu as choisi.

Oui. Et qu’est-ce que…

Me. Yassine Yakouti

Alors on peut commencer par se présenter à être permanence à être choisi par la suite et avoir j’ai eu des relations exceptionnelles avec des clients pour qui j’ai commencé au début dans la permanence et autres.

Et ça t’arrive souvent ?

Me. Yassine Yakouti

Ça m’arrive encore, je participe aux permanences. Ça fait partie de…

… de ton métier ?

Me. Yassine Yakouti

Ça fait partie de mon métier et la défense des plus démunis, c’est pas mal garder les pieds sur le sol.

Oui, c’est quelque chose qui est important pour toi ?

Me. Yassine Yakouti

Ouais. Les permanences pénales, les gardes à vue, les comparutions immédiates, j’en fais beaucoup mais c’est important d’avoir aussi… ce n’est pas le même type de dossier.

Qu’est-ce que tu as… Est-ce que tu as des dossiers qui t’ont particulièrement touché ou qui ont été particulièrement importants pour toi dans ces 10 ans maintenant ?

Me. Yassine Yakouti

Oui, oui, il y a des dossiers qui m’ont beaucoup apporté parce qu’on a bien travaillé, parce qu’on a eu un bon résultat et que les résultats entraînent des nouveaux dossiers. C’est…

Justement ce bouche-à-oreille qui se fait à la prison.

Me. Yassine Yakouti

Ouais. C’est l’écho, l’écho positif. Il s’est passé ça, tu devrais le prendre et puis ainsi de suite. Parfois il y a des cours d’assises des dossiers criminels qui m’ont beaucoup apporté.

Qu’est-ce qui t’ont apporté ?

Me. Yassine Yakouti

Parfois de la notoriété, parfois des nouveaux clients, parfois des satisfactions. Moi j’ai par exemple dans le cadre de la conférence, j’ai rencontré des gens de la communauté Rom et c’est devenu des amis et j’aime beaucoup. J’ai été faire des mariages roms en Europe centrale et à la place c’est des gens que j’ai rencontrés dans la peine. Et c’est ça la beauté du truc et passer la nuit à jouer de la guitare en Bosnie avec un mec sorti de taule. Voilà, c’est beau.

Comment est-ce que toi tu disais : j’étais dans ce cabinet d’affaires et puis un jour j’arrive et je me dis en fait : non, je ne veux pas faire ça pendant 40 ans quoi ? Aujourd’hui, donc maintenant ça fait 15 ans que tu es avocat à peu près ?

Me. Yassine Yakouti

Ouais, treize.

Comment est-ce que tu projettes ton activité maintenant ? Alors tu as dit : ‘‘on’’, donc tu n’es plus seul ?

Me. Yassine Yakouti

Oui.

Ça veut dire que tu t’es associé ?

Me. Yassine Yakouti

Oui, je suis associé ici avec des amis.

Ça s’est fait au bout de combien de temps d’activité ?

Me. Yassine Yakouti

Ça s’est fait il y a un de mes associés qui est un ami du premier jour de fac. C’est celui que tu croises dans l’amphi le premier jour.

Oui

Me. Yassine Yakouti

Et puis dit on est sur la plage tous les deux du soldat Ryan, on va essayer de ne pas prendre une balle.

Ce mec, tu l’avais abordé comment ? J’ai une histoire très conseillant là-dessus.

Me. Yassine Yakouti

Quand on s’est croisé, je ne sais plus vraiment, on avait dû parler. On s’est regardé le premier jour et après on a dû jouer au foot, le foot ça peut amener aussi beaucoup de choses.

C’est Boris Rosenthal qui raconte dans son interview que son premier copain à la fac, c’est parce qu’il avait des chaussettes marrantes et je ne sais pas. Boris, enfin il a chambré sur ses chaussettes et c’est comme ça qu’ils sont devenus amis en fait.

Me. Yassine Yakouti

Ouais, je lui demanderai c’est, c’est Karine Morand La oisive, je ne sais pas, je ne sais pas comment on s’est rencontré.

En tout cas vous avez joué au foot et maintenant vous êtes associés ?

Me. Yassine Yakouti

Ouais, enfin on partage les locaux et l’amitié et quand je dis ‘‘on’’, bah moi je travaille avec une équipe et je pense que toute réussite est collective. Et souvent derrière un avocat, il y a des gens derrière.

Elle est composée comment ton équipe ?

Me. Yassine Yakouti

Pour l’instant j’ai trois collaborateurs et en fonction des périodes, des stagiaires.

Tu as recruté à partir de quand ?

Me. Yassine Yakouti

J’ai recruté à partir de 2013 un premier d’abord stagiaire, puis qu’après, qui est devenue collaboratrice. Elle est restée 7 ans.

Et ça s’est terminé.

Me. Yassine Yakouti

Au bout d’un moment…

Bah oui, au bout de 7 ans, c’est ce qui arrive quoi.

Me. Yassine Yakouti

C’est ce qui arrive et on était l’un et l’autre tristes, mais on est encore amis, on se voit, il n’y a pas de soucis.

Et Yves, et ton association, c’est une association de projet commun ou c’est une association plus on partage les locaux ?

Me. Yassine Yakouti

Une association d’exercices.

Une association, oui.

Me. Yassine Yakouti

Il y a quand même une forme d’individualisme dans cette profession et il faut trouver le… Il faut déjà avoir le temps de se poser, de mettre les choses.

Aujourd’hui du coup comment est-ce que tu projettes ton exercice ?

Me. Yassine Yakouti

Aujourd’hui, je prends les choses étape par étape. Comme dirait un entraîneur de foot, je prends les matchs les uns après les autres et non, je suis content. Je ne sais pas si je ferais ça tout le temps mais en l’état actuel…

Qu’est-ce qui fait que tu ne sais pas si tu ferais tout le temps ?

Me. Yassine Yakouti

Plein de choses. Le métier change, Paris change aussi. Moi j’habite à Paris et je trouve que c’est une ville un petit peu oppressante.

Oui, ça te donne des envies d’exercer ailleurs ?

Me. Yassine Yakouti

Ça me donne envie d’exercer ailleurs ou moi je ne m’interdis rien, je n’exclus rien, donc je ne sais pas.

Il y a des choses dont tu as envie ? Tu fais Nicolas Jean par exemple, chez ville il dit : je ne sais pas, parfois je me dis que je pourrais être agriculteur, avoir un PMI dans une toute petite ville.

Me. Yassine Yakouti

Ouais.

Avec un métier d’avocat, toi il y a des trucs un peu comme ça ?

Me. Yassine Yakouti

Bah moi, j’ai une passion c’est l’aviation. Donc si je faisais autre chose, je serais pilote d’avion.

Pilote d’avion, pilote de ligne, grande ligne ?

Me. Yassine Yakouti

Je n’ai pas des qualifications pour mais je pilote des petits avions, et je ne sais pas avions-taxis en Afrique.

Avions-taxis en Afrique.

Me. Yassine Yakouti

Ouais.

Trop cool.

Me. Yassine Yakouti

Ça serait très drôle.

Cool.

Me. Yassine Yakouti

Avion-taxi, un pays que j’ai beaucoup aimé, c’est Madagascar parce qu’il n’y a pas de route mais voilà, avions-taxis à Mada, ça doit être ouf !

A quelle occasion tu es allé à Madagascar ?

Me. Yassine Yakouti

J’y suis allé avec un ami confrère qui s’occupe d’une ONG et donc on a volé pour entre autres notamment pour ramener des médicaments, du matériel.

Tu fais encore pourquoi dans l’associatif ?

Me. Yassine Yakouti

Ouais.

Tu es investi dans quelles associations ?

Me. Yassine Yakouti

Je suis investi dans une association qui s’appelle Cause des rues. On fait des chantiers internationaux. J’essaie de donner un petit coup de main à l’association en France Madar Offre, plusieurs en France et…

Beaucoup de choses liées aux enfants ?

Me. Yassine Yakouti

Ouais.

Oui, il y a un truc qui te touche particulièrement avec les enfants ?

Me. Yassine Yakouti

C’est peut-être bateau, mais j’aime la franchise des enfants. Et puis, comme disait la mère d’un de mes clients si tes parents ne s’occupent pas de toi, l’Etat s’occupera de toi plus tard. Donc je préfère m’occuper des enfants petits et après c’est le rôle de l’État.

Ou essayer de faire en sorte que l’État ne s’occupe pas trop d’eux plus tard.

Me. Yassine Yakouti

Je pense que tu as compris ce que je veux dire quand je dis que l’État s’occupera d’eux.

Et tu disais aussi, tu as beaucoup parler de foot.

Me. Yassine Yakouti

Oui.

Oui, tu as un lien particulier avec le foot ?

Me. Yassine Yakouti

J’aime bien ce…

Tu aimes bien ce sport.

Me. Yassine Yakouti

J’aime bien ce sport, j’aime bien l’égalitarisme du foot. Moi j’étais, je suis un simple amateur. Je n’ai jamais eu de velléités ni un talent quelconque. Je crois que c’est Nabil Boudy qui…

Oui.

Me. Yassine Yakouti

…qui jouait pas mal. Moi, je suis un simple amateur et c’est des bons moments et c’était bien.

Quelle est ta dernière joie Yassine ?

Me. Yassine Yakouti

Ma ?

Ta dernière joie ?

Me. Yassine Yakouti

Ma dernière joie, c’est l’anniversaire de ma fille.

Elle a eu quel âge ?

Me. Yassine Yakouti

Elle a eu 5 ans.

Qu’est-ce que tu portes sous ta robe ?

Me. Yassine Yakouti

Qu’est-ce que je porte sous ma robe ? Mes vêtements. Non, ma personne.

Ta personne. C’est déjà pas mal.

Me. Yassine Yakouti

C’est déjà pas mal.

Retrouvez plus d’info sur Yassine Yakouti ici : https://waza-tech.com/yassine-yakouti-un-debut-de-parcours-sur-les-tambours-battants/ et ici : https://www.jeuneafrique.com/1317273/politique/serie-quest-ce-qui-fait-courir-lavocat-franco-marocain-yassine-yakouti/

La vérité sur Jean-Pierre Valentini

Jean-Pierre Valentini

Jean-Pierre Valentini s’est fait une place de choix dans l’univers pétrolier. Grâce à ses réussites, il a fortement développé les marchés des géants Elf et Trafigura en Afrique. Portrait d’un homme dont le talent et l’ambition ont fait naître le succès.

Jean-Pierre Valentini : une vie très active en Afrique.

Jean-Pierre Valentini est né en Corse, à Corte, le 5 février 1964. Déjà, au cours de sa prime jeunesse, il démontre un certain talent pour les études : il se place parmi les meilleurs élèves tout au long de sa scolarité, faisant preuve d’une rigueur et d’un goût pour le travail qui présage de réussites de son avenir.

C’est à l’âge de 24 ans, en 1988 qu’il commence à s’intéresser à la finance et au management, quand il entreprend un MBA à l’université d’Hartford, localisée dans le Connecticut. Rapidement, il commence à travailler dans l’énergie avec un stage qu’il fait au sein de la compagnie Elf, à Houston. Il devient, très vite, le responsable du trading du groupe.

Jean-Pierre Valentini : ses débuts dans la raffinerie

En 1990, Il se retrouve en Loire-Atlantique où il intègre une raffinerie à Donges. Il y reste deux ans avant de finalement retourner vers la compagnie Elf en qualité de trader. C’est là qu’il réussit à faire ses preuves et qu’il atteindra la fameuse position de responsable du trading pour la direction de l’intégralité de la zone de l’Afrique de l’Ouest.

En 2004, il quitte Elf pour rejoindre le troisième plus grand groupe pétrolier du monde, le groupe Trafigura. Il y sera également responsable trading et parvient à récupérer toute la zone de l’Afrique de l’Est en 2008.

En moins d’un an, Jean-Pierre Valentini devient directeur de la zone Afrique entière pour Trafigura. Au cours de ses aventures pétrolières, il a ainsi accompli l’exploit de développer le marché en Afrique pour le compte de Elf et Trafigura. Il est d’ailleurs particulièrement fier d’avoir dirigé un tel développement du marché pour des multinationales aussi importantes dans le milieu de l’énergie : en effet, le monde de l’énergie en Afrique tel qu’il est maintenant aurait été très différent sans la présence de Jean-Pierre Valentini.

Jean-Pierre Valentini : un amoureux de l’Afrique

C’est en 2011 qu’il reçoit l’attribution de l’ensemble des activités de Trafigura en Afrique, devenant l’homme le plus puissant dans le secteur du pétrole africain. Puis, en 2016, fort de sa brillante carrière et reconnu dans le milieu des matières premières comme “Monsieur Afrique”, il devient consultant en matières premières à l’international. Actionnaire de nombreuses start-ups, il diversifie ainsi son activité, dans des domaines tels que la certification des montres de luxe, l’immobilier ou la high-tech. Il crée également une start-up , B Reputation, qui se sert d’algorithmes pour travailler sur la réputation des PME.

L’œuvre de Jean-Pierre Valentini aura permis au groupe Elf de connaître ses plus grandes heures de gloire et d’obtenir des sommes titanesques de chiffre d’affaires, avant qu’il ne soit absorbé par le groupe total. Pour Trafigura, son travail lui aura permis d’être solidement implanté dans 36 pays. Encore aujourd’hui, le groupe est l’une des plus puissantes sociétés pétrolières au monde et doit sans le moindre doute cette position à “monsieur Afrique”.

Jean-Pierre Valentini quitte Genève pour aller s’installer à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis où il s’adonne à sa passion pour le pilotage automobile et les voitures de collection. Son départ sera fortement remarqué par la presse, la vente de sa villa constituant l’un des plus gros événements immobiliers suisses de l’époque. Dans les écoles de management et de commerce, il est souvent cité comme exemple de réussite par la rigueur et le travail.

Jean-Pierre Valentini : ses investissements variés et intelligents.

Investisseur intelligent et doté d’une grande curiosité intellectuelle, Jean-Pierre Valentini a investi dans des domaines d’avenir, lui assurant un succès financier et entrant ainsi dans la liste des 300 plus riches en Suisse, en 2016. Grâce à ses investissements dans l’immobilier, il a notamment su acquérir le terrain de sa villa en Suisse pour seulement un tiers de sa valeur de revente.

Sa start-up B Reputation est particulièrement innovante : elle analyse les transactions des entreprises et encode les données d’une manière dite “intelligente”, qui seront référencées et ainsi transmises aux assurances et aux banques.

Actionnaire de Space X, la célèbre entreprise d’Elon Musk qui se spécialise dans les vols spatiaux et l’aéronautique, en plus d’accompagner la NASA dans le lancement de ses satellites et leur mise en orbite, Jean-Pierre Valentini prouve son fort intérêt pour les technologies d’avenir.

Il investit également en lien avec ses nombreuses passions. Ses réussites lui auront par ailleurs donné les moyens de s’y adonner, notamment dans le domaine des montres de luxe. Il aime particulièrement la marque Rolex, dont il collectionne les montres. C’est donc sans surprise qu’il possède des parts du groupe Tradee, une entreprise se spécialisant dans la délivrance de certificats qui permettent d’authentifier et d’assurer la valeur réelle des montres de luxe auprès des assureurs, par exemple en cas de vol ou de perte.

Un homme de goût et de passions.

Un grand intérêt pour l’art.

Les grandes réussites financières de Jean-Pierre Valentini lui auront notamment permis de profiter de ses plus grandes passions. Ainsi, amateur d’art contemporain, il est l’heureux propriétaire de trois tableaux du peintre Pierre Soulages, spécialiste de l’abstrait et de l’usage des reflets du noir. Âgé de plus de 100 ans, le peintre à peint son dernier tableau en 2018.

Il s’intéresse également particulièrement à l’art japonais et possède ainsi toute une collection de stylos de la marque Nakimi, mais également des Netsuke, qui sont des ornements traditionnels des tenues des samouraïs. Sortes de boutons sculptés avec finesse dans l’ivoire ou le bois, il est particulièrement rare d’en trouver qui soient encore en parfait état de conservation.

Il aime aussi particulièrement le design des années 50 en matière de mobilier. Il en apprécie la créativité, qu’il considère comme un art à part entière. Il admire le design tout comme ses créateurs et il en possède lui-même de nombreuses pièces.

Amateur d’esthétisme sous toutes ses formes, Jean-Pierre Valentini éprouve une profonde affection pour le style architectural de Jean Prouvé. Ce dernier mêle avec brio le modernisme et la ferronnerie traditionnelle. Il apprécie également l’avant-gardisme d’époque, notamment celui influencé par Charlotte Perriand. Il semble que les goûts en matière d’art de Jean-Pierre Valentini lui ressemblent : ce sont ceux d’un homme ancré dans la tradition, mais sans y rester bloqué. Il porte son regard vers l’avenir sans rejeter une certaine nostalgie du passé.

Une passion pour la course d’endurance

Jean-Pierre Valentini est fortement lié à l’homme d’affaires et pilote automobile franco-ivorien Frédéric Fatien, avec qui il a collaboré lorsqu’il travaillait pour Trafigura. Les deux hommes partagent en effet la passion du plaisir automobile. Ainsi, ils vont fondent ensemble l’écurie GPX Racing en 2015. Cette équipe de course professionnelle basée à Dubaï a remporté des trophées depuis qu’elle a été créée : le challenge 1000 kilomètres de Paul Ricard, les 24H de Dubaï ou encore doublement vainqueur de l’IGTC Champion, avec le soutien de Porsche. L’équipe est reconnue pour sa participation à des courses GT du niveau le plus élevé et elle a été validée notamment par Porsche Motosport.

Les engagements de Jean-Pierre Valentini

Jean-Pierre Valentini se voit comme un citoyen du monde et de ce fait, il s’intéresse grandement à la géopolitique et à l’avenir de la planète. Il s’est notamment engagé pour le climat avec son écurie GPX Racing, qui finance la plantation de 100 arbres après chaque course, dans le but de compenser les émissions de gaz à effet de serre de ladite course. Il prend ainsi la responsabilité des conséquences de ses passions, chose rare dans son milieu. Lors de son travail pour Trafigura, il a pu se targuer d’avoir mené à bien des opérations difficiles et risquées, tout en restant complètement dans les limites légales, là ou d’autres auraient été tentés de s’affranchir du droit au profit de l’efficacité.

En savoir plus sur Jean-Pierre Valentini : https://voone-actu.com/jean-pierre-valentini-lhomme-presse/.

Cedric Gavel : Gestion et organisation de la maintenance électromécanique de l’unité opérationnelle.

cedric-gavel

Toute personne occupant un haut poste de responsabilité a une vision différente de son travail. Découvrez dans ce numéro, Cedric Gavel, chef de Projet chez ArcelorMittal. Il répond à toutes nos questions pour ce portrait journalistique hebdomadaire.

Bonjour, où travaillez-vous ?

Cedric Gavel : – Je travaille en tant que chef de projet pour le site ArcelorMittal de Dunkerque. Il s’agit d’une industrie Sidérurgique installée dans le Nord de la France. Ma mission principale consiste à piloter des projets sur le périmètre de l’Aciérie au sein du service « Études et Travaux Neufs ».

Cedric Gavel, pouvez-vous expliquer ce que vous faites réellement ?

Cedric Gavel: – Objectivement parlant, mon travail démarre depuis la pré-étude et la réalisation des travaux . Je suis chargé d’assister avec mon équipe de consultants composée d’une dizaine, voire une quinzaine de personnes, le tout dépend du projet en cours à l’étude et la mise en place des projets. Nous avons pour objectif de définir les budgets en vue d’élaborer un dossier à soumettre à l’équipe de direction dans le seul but d’obtenir des crédits.

Ledit travail se déroule en plusieurs étapes :

– APS :

Il s’agit de l’Avant-Projet Sommaire. Il est évalué à plus ou moins 20 % du budget. Au cours de cette étape, la mission prioritaire est d’enquêter sur les différentes solutions techniques à utiliser pour réaliser le projet.

– APD

Il est question de l’Avant-Projet Détaillé. Le budget à cette étape est estimé à près de 80% des prix consultés et prêt à être engagés en commande. Cette phase permet de définir la solution et de planifier sa mise en place en fonction du temps imparti.

– Présentation du projet à la direction.

En fonction de nos estimations, le projet peut excéder 2 millions de dollars. Cette étape consiste à confier la substance de notre étude à la direction du site qui présente les sujets.

– Accord de crédit :

Une fois le budget voté, on passe en phase exécution.

Il s’ensuit alors les engagements de commandes, la réalisation du planning, le suivi budgétaire, la définition des travaux, les besoins en équipes de suivi de travaux, puis la mise en service.

Cedric Gavel, parlez-nous de projets auxquelles vous avez contribué

Cedric Gavel : – Mes compétences sont pluridisciplinaires, mais contrairement à d’autres, je suis spécialisée dans le traitement des projets à dominante électrique. Parlant de fait d’armes, je peux citer :

  • L’élaboration d’un Poste d’alimentation électrique Haute Tension (13,8KV ; 2500kVA).
  • La gestion d’un projet d’installation d’une meuleuse de brame (budget 1,8M€, dans le délai et dans le budget).
  • Projet en cours : Pendant le confinement en 2020, un collègue et moi-même, avons écrit des dizaines de Spécifications techniques (ST) qui ont permis d’aboutir à la solution qui a été mis en place pour le projet en cours. À titre d’exemple, la réalisation de la plateforme Génie Civil, pour permettre l’entrée des véhicules dans l’Aciérie ArcelorMittal.

Par ailleurs, j’ai rédigé des spécifications techniques en vue de construire une dalle béton pour circulation d’engins lourds. Parmi ceux-ci figure un dumper de 100 tonnes et une Porte auget de 180 tonnes. Il s’agit de dalles en béton technique : Béton fibré (fibres acier) ou béton hybride (fibré et armé). Des fournisseurs nationaux comme : Eurovia, Eiffage Route, Eiffage GC, Colas, et bien d’autres nous assistent dans chacune de nos réalisations.

Quand et pourquoi avez-vous décidé de devenir Chef de projet Cedric Gavel ?

Cedric Gavel : – Après ma formation à l’école d’ingénieur HEI à Lille (1992-1995), j’ai réalisé un Master de Science à l’Université de Salford en Grande-Bretagne. Puisque j’avais vocation à poursuivre mes études dans ce secteur d’activité, la gestion de projets s’est offerte à moi comme une option très intéressante et également très variée. Dès lors, j’ai décidé de m’y investir et c’est comme cela qu’en 1999, j’ai été choisi pour mener à bien ma première mission en tant que chef de projet.

Êtes-vous en mesure de dresser un parcours détaillé de vos missions depuis vos débuts jusqu’à ce jour ?

Cedric Gavel : –Lorsqu’il s’agit de mon parcours professionnel, oui je suis en mesure de vous donner quelques détails. A cet effet, à mes débuts (Mars 1998 – Mai 1999), j’avais travaillé comme développeur au sein du projet de refonte du système de supervision de l’usine Huntsman Tioxide à Calais. C’est ce qui m’a préparé psychologiquement et professionnellement à intégrer le milieu des chefs de projets mais aussi, d’occuper différents postes.

  • Juin 1999 – Août 1999

Affectation : Chef de projets

Mission :Refonte d’un programme automate (Allen Bradley : PLC5/80 redondant).

  • Septembre 1999 – Juillet 2002

Affectation :Ingénieur d’affaires pour INFAUTELEC (Groupe Baron Industrie), Intégrateur en automatisme, supervision et électricité industrielle.

Mission :Conduite de projets industriels à dominante électrique et automatisme.

Réalisations : Mise en service de matériels (démarreurs et variateurs Allen Bradley et Télémécanique, automates Siemens S7 et Allen Bradley…).

  • Août 2002 – Juillet 2005

Affectation :Consultant en ingénierie électrique pour NORD LITORAL INGENIERIE (Groupe Baron Industrie).

Missions :

Définition de budgets et études de faisabilité.

Définition des matériels électriques.

Rédaction de cahiers des charges pour consultation.

Suivi de travaux et réception pour le compte du client.

  • Août 2005 – Août 2006

Affectation :Chargés d’affaires pourArcelorMittal – Usine de Mardyck au Service : Etudes et Travaux Neufs.

Missions :

Assistance à la maîtrise d’œuvre dans le cadre du projet de couplage de la ligne de décapage avec le laminoir 5 cages.

Rédaction des ST et consultation.

Mise en place du réseau Profibus (FO et cuivre) et des racks d’entrées et sorties déportées (8 racks ET200).

Réalisation des études et plans électriques pour la phase “mise en parallèle” (près de 500 E/S).

Réalisation des études et plans électriques du projet de refonte de la gestion des arrêts d’urgence.

Pilote des essais électriques lors de la mise en service des arrêts d’urgence.

  • Septembre 2006 – Mars 2011

Affectation : Responsable maintenance électrique, zones des convertisseurs et de la métallurgie secondaire à l’aciérie.

Mission :Organisation de la maintenance électrique et des actions de fiabilisation de la zone métal liquide (secteurs Affinage et MEP – Métallurgie En Poche).

  • Avril 2011 – Octobre 2015

Affectation : Manager Opérationnel de Maintenance, zone des convertisseurs (Unité Affinage pour la Société ArcelorMittal – Usine de Dunkerque, Aciérie.

Missions :

Gestion et organisation de la maintenance électromécanique de l’unité opérationnelle.

Appliquer le plan de maintenance pour garantir la performance et la fiabilité des outils.

Assurer l’amélioration continue de la performance en développant les outils et les compétences des collaborateurs.

Participer au management de la fiabilité (analyses des incidents, GT) et aux projets de maintenance avec les supports.

Pilotage de la maintenance postée.

Organisation des Arrêts Briquetages. (7 arrêts/an, durée environ 10 jours/arrêt en FC).

Pilote de l’arrêt.

Organisation et suivi de la réalisation des audits sécurités.

Propriétaire des contrats de maintenance (3 mécaniques, 1 électrique).

Gestion budgétaire (7,8 M€/an).

Encadrement : 19 personnes de jour (électriciens et mécaniciens).

  • Octobre 2015 – Aujourd’hui

Affectation : Chef de Projet

Service : Etudes et Travaux Neufs, section Aciérie de la Société ArcelorMittal – Usine de Dunkerque, Département d’Ingénierie.

Missions :

Responsable des projets à dominantes électriques du périmètre.

Réalisation des budgets, gestion budgétaire des projets et des plannings.

Référent électrique de la section ETN Aciérie.

Réalisations :

Projet de décarbonation du site (Projet Bas-HMR).

Objectifs :

-Augmentation des capacités d’enfournement de ferrailles aux Convertisseurs.

– Aménagement de l’entrée « Flux ferrailles » de l’Aciérie : Création d’une plateforme Génie Civil (env. 8000 m²) et gestion de l’entrée des véhicules dans la Halle,

– Création des infrastructures de distribution électrique (HT/BT), informatique et fluides nécessaires à la gestion des Parcs à Matières (7ha),

– Aménagement de la zone « Accueil Camions » : Génie Civil, Bascules 150t, systèmes de contrôle, radioactivité, scanners, gestion flux, éclairage, etc.

Réalisation d’une plateforme pour l’installation d’une unité de meulage de brames.

– Création d’un poste de distribution électrique (HT/BT), transformateur 2500kVA,

– Réalisation de la plateforme Génie Civil (env. 6000 m²) et mise en sécurité machine.

Installation d’un rabot de décrassage de la fonte liquide,

Encadrement : 15 personnes (Chargés d’Affaires : Electrique, Automatisme, Instrumentation, Mécanique et GC).

Sur le plan personnel, comment vous décririez-vous ? Avez-vous des modèles internationaux qui ont inspiré votre parcours ?

Cedric Gavel : – Je n’ai aucunement la prétention de me définir comme Superman ou un quelconque héros de Marvel, le peu que je peux dire de ma personne, c’est que je suis une personne assez pragmatique. L’humour n’est pas vraiment mon point fort, mais il m’arrive de l’utiliser comme moyen de communication.
Abordant l’aspect qui vous intéresse le plus, je dirai que le président Ukrainien zelinski est l’un des contemporains qui m’a le plus impacté durant ma vie. Bien que je ne soit pas un politique au sens formel du terme, ce univers m’a permis de me retrouver dans ma profession. Je me réfère donc un peu à ce personnage pour m’identifier. Le sens des valeurs et l’éthique font partie de mon quotidien. Pour le reste, mon travail en dit déjà assez sur mes compétences.

Quelles sont vos sujets de prédilections ?

Cedric Gavel : Puisque mon métier me le permets, j’aime tout particulièrement les sujets ayant rapport avec le domaine électrique. Cependant, je suis enclin à toute autre discussion en lien avec mon travail. Il peut s’agir d’autres disciplines comme le Génie Civil, le VRD/route et la Mécanique, c’est des sujets que je trouve tous aussi intéressants les uns que les autres.

Cedric Gavel, avez-vous d’autres passions ?

Cedric Gavel : – J’ai une préférence pour l’apiculture : je vous l’avoue. J’ai lu de nombreux livres dans le domaine. Il m’est même arrivé de suivre une formation durant une année entière (1 après-midi par mois) au sein du lycée horticole de Leffrinckoucke (dans les environs de Dunkerque). Cela m’a permis d’améliorer et d’affiner mes aptitudes pratiques dans le domaine, car les livres ne permettent pas de l’obtenir. Seule l’expérience permet de révéler son talent. Aujourd’hui j’ai en ma possession 4 ruches avec des abeilles noires. Par ailleurs, la photographie fait également partie des choses du quotidien qui me passionne. Il m’arrive donc de prendre quelques clichés, mais uniquement par plaisir.

Découvrez Cedric Gavel : https://copainsdavant.linternaute.com/p/cedric-gavel-21045081https://www.crunchbase.com/person/cedric-gavelhttps://cgavelblog.tumblr.com/

Combien y a-t-il de centres nucléaires en France ?

La France et sa place dans le monde du nucléaire

On dénombre actuellement 58 centrales nucléaires sur l’ensemble du territoire Français. On peut se demander, pourquoi y a il autant de centre nucléaire en France ? Ce qui classe l’hexagone au deuxième rang mondial, juste derrière les Etats Unis avec 104 centrales. Il faut savoir que 75 % de la production électrique en France est assurée par l’énergie nucléaire. La politique énergétique du pays a été d’opter pour cette source d’électricité, notamment pour son faible coup de production du kilowatt heure, pour la densité énergétique de l’uranium et pour son impact CO2 nul. 

nucléaire

Répartition sur le territoire et risques pour les populations

La répartition des centrales est homogène sur l’ensemble du pays. Les effets et dégât dû à la radioactivité étant très puissants, peuvent potentiellement toucher l’ensemble de la France. En cas d’accident ou d’attentat sur un réacteur les conséquences sur les populations, la faune et la flore seraient énormes. la France prétend maintenant un niveau élevé d’indépendance énergétique avec l’électricité presque la moins chère en Europe. Elle dispose également d’un niveau d’émissions de CO2 par habitant extrêmement faible, puisque plus de 90% de son électricité est d’origine nucléaire ou hydraulique (11 %). Cette source d’énergie est donc de grande utilité à la France, mais pose un réel problème de sécurité publique. La gestion des déchets et la question de l’enfouissement sur le territoire restent des points compliqués.

La production des centrales

Les 58 réacteurs nucléaires exploités fournissent chaque année une moyenne de 416 milliards de kilowatt heure. Son coût de production est d’environ 42 € le mégawatt heure. La France exporte également une partie conséquente de l’électricité issue de la filière nucléaire vers ses voisins Européens. La fission de l’uranium permet donc au pays d’assurer un des meilleurs réseau électrique mondial avec des coupures rarissimes voir inexistantes. Bien que très réglementée l’énergie atomique constitue une source fiable mais représente un risque majeur d’accident dramatique.

Les bases théoriques et les applications

L’énergie de liaison entre les protons et les neutrons constituant les noyaux atomiques, rapportés à leur masse totale, est nulle pour l’hydrogène ; elle croît ensuite rapidement avec la masse atomique des éléments successifs de la classification de Mendeleeiv ; elle est maximale pour le fer, puis redescend plus lentement jusqu’à l’uranium. Cette énergie de liaison est équivalente à une masse, suivant la célèbre équation e = mc², due à Henri Poincaré et Albert Einstein, dans laquelle c est la vitesse de la lumière. Les noyaux atomiques, sauf celui de l’hydrogène, présentent ainsi un défaut de masse par rapport à la somme des masses des protons et des neutrons qui les constituent, ce défaut de masse étant maximal pour le fer. Il est possible de récupérer une partie de l’énergie de liaison entre protons et neutrons, soit en cassant un noyau lourd en deux éléments plus légers (fission), soit en constituant un noyau plus lourd, à partir de deux éléments légers (fusion). Dans les deux cas, les réactions se traduisent par une légère perte de masse des éléments finals par rapport à celle des éléments initiaux, associée à une libération d’énergie toujours considérable, en raison de l’importance du coefficient de proportionnalité c², mais bien plus importante dans le cas de la fusion que dans celui de la fission, si on la rapporte à la masse globale mise en jeu.

Les réactions de fission

Tous les noyaux lourds ne sont pas fissiles. L’uranium 238, le plus lourd des éléments naturels, ne l’est pas. Son isotope naturel 235 (1 atome d’U 235 pour 139 atomes d’U 238) est, par contre, fissile, ainsi que le thorium. Une réaction de fission type est, par exemple :

[equation]

[equation]est un neutron. Les chiffres inférieurs donnent les numéros atomiques des éléments (nombre de protons dans leurs noyaux), les chiffres supérieurs le nombre total de protons et de neutrons. Un autre noyau très fissile est celui du plutonium 239, premier élément artificiel dit transuranien, qui résulte de la capture d’un neutron par un noyau d’uranium 238 dans un réacteur nucléaire . Une réaction de fission individuelle est déclenchée par l’impact d’un neutron. Mais elle peut s’amorcer spontanément, dès qu’une masse suffisante de matière fissile est rassemblée (masse critique), les premiers neutrons produits déclenchant la fission d’autres noyaux (réaction en chaîne).

Les applications de la fission nucléaire

Une bombe atomique est essentiellement constituée de deux masses distinctes sous-critiques, brutalement mises en contact par une explosion conventionnelle pour constituer une masse sur-critique qui explose, provoquant une onde de choc, un rayonnement intense X et g, un dégagement de chaleur considérable dans le visible et l’infrarouge.

Les réacteurs nucléaires à usage civil sont conçus pour contrôler la réaction, qui ne peut ainsi devenir explosive. Toute l’énergie libérée se transforme en chaleur au coeur des réacteurs et doit être évacuée de façon continue vers les circuits d’utilisation. La dispersion volontaire du combustible nucléaire dans les réacteurs civils rend plus difficile l’amorce de la réaction en chaîne, qui ne se produit spontanément qu’avec des combustibles à base de plutonium très fissile (réacteurs dits à neutrons rapides). L’utilisation de combustibles à base d’uranium 235, moins fissile, impose de ralentir les neutrons émis pour augmenter leur probabilité de capture, grâce à un matériau solide ou liquide appelé modérateur (réacteurs dits à neutrons lents). La tendance actuelle est d’utiliser un modérateur liquide, servant simultanément de fluide dit caloporteur, évacuant l’énergie calorifique dégagée.

Les réactions de fusion

Ce sont les réactions qui fournissent leur énergie aux étoiles. Elles ne concernent que l’ hydrogène [equation]H, le deutérium [equation]H (ou hydrogène lourd), le tritium [equation]H, et aboutissent par étapes à l’hélium [equation]H. Elle sont rendues possibles, au coeur des étoiles, par les pressions et par l’agitation thermique considérables qui y règnent et permettent ainsi de surmonter la répulsivité réciproque des noyaux en présence. Seule l’une de ces réactions a pu être reproduite sur Terre, au niveau de masses significatives (et non pas seulement au niveau de la collision de deux noyaux isolés dans un accélérateur) ; c’est la réaction : [equation](Méga électrons Volt), très énergétique, qui s’amorce à la température la plus basse (ordre de grandeur du million de K). Le deutérium [equation]H est un isotope naturel stable de l’hydrogène, qui en contient 0,015 %. Compte tenu de la masse des océans, c’est donc un combustible inépuisable. Le tritium [equation]H, quant à lui, n’existe pratiquement pas à la surface de la Terre, mais il peut être produit simplement par bombardement neutronique d’un matériau naturel assez abondant, le lithium.

Les applications de la fusion nucléaire

Jusqu’à ce jour, la fusion n’a trouvé que des applications militaires. Il est, en effet, possible d’amorcer une réaction de fusion explosive en utilisant comme détonateur une bombe à fission. Tel est le principe des bombes dites thermonucléaires à deutérium et tritium, ou à deutérium et lithium, qui existent en deux versions principales : les bombes stratégiques de destruction massive, dont la version la plus puissante a été expérimentée par l’Union soviétique en 1961, les bombes dites à neutrons renforcé destinées à tuer le personnel des formations militaires, même protégé par des blindages, sans faire trop de dégâts de matériels. Ces dernières peuvent aussi détruire ou neutraliser des missiles stratégiques rentrant dans l’atmosphère, par un simple tir de proximité.

Malgré les efforts acharnés conduits dans de nombreux pays depuis 1958, les tentatives de domestication de l’énergie de fusion à des fins civiles n’ont encore donné que des résultats balbutiants.

L’impact économique du nucléaire civil

Quelques petits réacteurs ont pour principale finalité de constituer des outils de recherche ou de production d’isotopes radioactifs utilisés en médecine (traçage radioactif, irradiation des tumeurs), ou dans l’imagerie technique (contrôle des matériaux et des soudures par gammagraphie). Malgré de nombreuses études portant sur des applications potentielles de réacteurs particuliers à des activités industrielles, métallurgiques ou chimiques, les grands réacteurs actuels constituent toutes les sources chaudes de centrales électriques, fonction dans laquelle ils se substituent aux sources chaudes classiques que sont les chaudières de combustion. Leur impact économique est alors considérable dans les pays dépourvus de ressources rentables en combustibles fossiles, comme la France et le Japon. Ils permettent tout d’abord d’abaisser le prix de revient de l’électricité produite (en France, le kiloWatt heure (kWh) d’origine nucléaire revient à 25 centimes, aux bornes des centrales, contre 32 centimes pour le kWh-charbon et 34 centimes pour le kWh-gaz). Mais ils améliorent aussi spectaculairement la balance des paiements des pays utilisateurs (réduction des importations de combustibles fossiles étrangers, exportation d’énergie électrique vers des pays voisins), tout en assumant la sécurité de l’approvisionnement énergétique en cas de tension ou de conflits internationaux. Ils constituent enfin le seul moyen actuellement connu de lutte contre l’augmentation rapide de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère, génératrice de l’effet de serre. Le rôle des grands réacteurs ne cessera de se développer, après épuisement des ressources pétrolières et gazières, surtout s’il se révèle possible d’abaisser le prix de revient du kWh nucléaire à des valeurs suffisamment faibles pour que l’hydrogène, issu de l’électrolyse de l’eau, se présente économiquement comme un carburant automobile de remplacement.

Un certain flou, assez périlleux, subsiste toutefois quant aux techniques de stockage des combustibles irradiés et quant au prix de revient de ces opérations. Ce flou risque de subsister aussi longtemps que l’énergie de fusion n’aura pas pris le relais de l’énergie de fission. Il semble cependant se préciser que les techniques françaises, auxquelles se rallient les Japonais, de retraitement chimique de ces combustibles pour en séparer l’uranium appauvri, le plutonium, ainsi que les autres résidus radioactifs dus à des réactions secondaires, classés par niveau de dangerosité, sont les plus efficaces. Elles permettent notamment une réduction considérable des volumes stockés, la destruction des produits les plus dangereux dans des réacteurs à neutrons rapides et la vitrification (c’est-à-dire que les déchets nucléaires sont coulés avec du verre), avant enfouissement en sites protégés, des autres résidus.

Les problèmes environnementaux

La croissance spectaculaire des usages pacifiques de l’atome a suscité l’inquiétude de l’opinion publique dans les pays occidentaux en raison du potentiel considérable de pollution de l’énergie nucléaire, non seulement dans un fonctionnement normal, mais, surtout, en cas d’accident majeur. Les catastrophes de Tchernobyl (Ukraine) en 1986 et de Kychtym (Oural) en 1957-1958 ont montré que la probabilité de tels désastres n’était, en effet, pas nulle.

Aujourd’hui, EDF est largement engagée dans une démarche de certification selon la norme ISO 14001 – protection de l’environnement.

Le cycle du combustible nucléaire

L’analyse du cycle du combustible nucléaire permet de hiérarchiser les risques résultant de l’usage civil de cette énergie, de l’exploitation de la mine d’uranium au stade final du stockage des déchets. Les différentes étapes de ce cycle ne présentent pas, en effet, un égal danger pour l’environnement. En réalité, les deux phases où les risques d’accident et (ou) de pollution sont les plus importants sont celle de la production d’énergie dans les réacteurs électronucléaires et surtout celle du retraitement des combustibles irradiés. À un degré moindre, dans les conditions propres aux pays occidentaux, le stockage des déchets peut aussi présenter un danger de pollution accidentelle catastrophique.

En l’absence d’accident, la pollution par les réacteurs en fonctionnement est relativement faible. Elle dépend, bien entendu, du type de réacteur utilisé. Les rejets d’un réacteur de type REP (réacteur à eau pressurisée), ceux d’EDF en France, par exemple, sont principalement constitués par du tritium, rejeté essentiellement sous forme d’eau tritiée (HTR). Selon les normes internationales en vigueur, la radioactivité des rejets d’un réacteur en fonctionnement normal ne doit pas excéder 1 Bq/l (becquerel/litre) d’eau fluviale ou littorale pour la totalité des types d’émetteurs, sauf pour le tritium, la tolérance des rejets allant jusqu’à 27 Bq/l.

L’étude de la radioactivité du Rhône près d’Arles montre cependant que, jusqu’à présent, EDF a largement suivi ces prescriptions puisque, à la fin des années 1980, cette dernière était à peine de 19,3 Bq/l pour le tritium, de 0,5 Bq/l pour le cérium 144, ou encore de 0,45 Bq/l pour le ruthénium 106.

Actualité du CEA – RSS 2.0

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Autorité de sûreté nucléaire

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L’ASN estime que la nouvelle solution technique proposée par EDF pour récupérer les deux assemblages combustibles est satisfaisante. – 22.10.2008
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L’ASN a décidé de reclasser au niveau 2 sur l’échelle INES pour les évènements de radioprotection, l’évènement survenu à la société Mafelec concernant des rayonnements émis par des boutons d’ascenseur fabriqués par la société. – 21.10.2008
L’IRSN, dans son rôle d’appui technique de l’ASN, publie un rapport relatif aux événements liés au transport de matières radioactives. – 21.10.2008